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L'Irak veut reprendre sa place sur la carte touristique
AFP - Par Frédéric Pouchot

Le comité irakien du tourisme souhaite attirer
les voyageurs de partout
Pour vos prochaines vacances, pourquoi ne pas venir en Irak? C'est le message que tente de faire passer le comité irakien du tourisme.

Après avoir déserté pendant dix ans foires et salons internationaux, une délégation dirigée par Hammoud al Yaqoubi, le président du Comité du tourisme irakien, a été présente cette année à Londres, au World Travel Mart, un important marché du voyage.

« C'est notre première participation à un salon touristique en Europe depuis plus d'une décennie », s'est réjoui Hasan Al-Fayadh, responsable de la communication de la délégation. Selon lui, « l'Irak est déjà une destination connue pour le tourisme religieux, pour les Musulmans des pays voisins comme l'Iran, le Pakistan, Bahreïn ou l'Inde, mais notre stratégie est désormais d'attirer des voyageurs d'Europe, d'Amérique ou d'Asie, maintenant que la situation s'est améliorée en matière de sécurité ».

A l'en croire, bien que les attentats-suicides continuent à faire la une des journaux du monde entier, les zones dangereuses sont désormais réduites à « quelques poches », et de nombreux sites sont accessibles aux touristes, en particulier dans la province autonome du Kurdistan, où la sécurité est « très bonne ». Hasan Al-Fayadh souhaite mettre en avant les nombreux trésors touristiques de l'Irak, à commencer par les sites archéologique de la Mésopotamie, comme Ur et Babylone, qui ont valu à la région le surnom de « berceau de la civilisation ».

L'Irak compte aussi des mosquées de toute beauté et certaines des églises chrétiennes les plus anciennes du monde. Enfin, le pays offre une grande diversité culturelle, notamment au Kurdistan, où se mêlent les influences kurdes, turcomanes et arabes.

Un retard à combler

Toutefois, au niveau des structures d'accueil,
l'Irak a un retard à combler
Au niveau des infrastructures d'accueil, l'Irak a énormément de retard à combler, après des années de guerre et de violence. La délégation espère trouver à Londres des partenaires prêts à investir dans l'hôtellerie, les 784 hôtels du pays étant de son propre aveu en piteux état.

Pour l'instant, les aéroports offrent très peu de vols directs hors du Moyen-Orient, mais comme le souligne Hasan al-Fayadh, la compagnie Iraki Airways devrait lancer ce mois-ci des vols vers Londres, et British Airways veut aussi reprendre l'an prochain la liaison Londres-Bagdad.

Et déjà, certains tour-opérateurs occidentaux ont osé franchir le pas. Plusieurs s'aventurent déjà régulièrement au Kurdistan, autrement plus sûr que le reste du territoire irakien, et une agence britannique offre depuis cette année des circuits dans tout le pays, la seule en Europe à s'y risquer pour le moment. Il s'agit d'Hinterland Travel, qui se décrit comme spécialisée dans les « voyages d'aventure » et dont la liste des destinations ressemble peu ou prou au catalogue des zones déconseillées par les chancelleries occidentales : Afghanistan, Cachemire, Pakistan, Birmanie... Après avoir du suspendre ses voyages en Irak de 2004 à 2008, elle se flatte d'avoir repris le chemin du pays des deux fleuves depuis le printemps, et d'y avoir déjà organisé quatre circuits. Et son directeur, Geoff Hann, a même cosigné un guide touristique à destination des voyageurs anglophones, intitulé sobrement Iraq Then and Now (l'Irak d'autrefois et d'aujourd'hui).


 

 


Véronique Leduc
Rédactrice en chef
salledepresse@
bonjourvoyage.com