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Sur la route du Mont-Blanc

Patricia Tuveri, gardienne de refuge
AFP - Par Mie Kohiyama

Depuis 2004, Patricia Tuveri, gardienne du refuge de Tête Rousse, a vu défiler des milliers d'ascensionnistes
Depuis 2004, Patricia Tuveri, gardienne du refuge de Tête Rousse, à plus de 3 000 mètres d'altitude, a vu défiler des milliers d'ascensionnistes venus du monde entier pour conquérir le Mont-Blanc.
  
Pendant la saison d'été, qui dure trois mois, cette Haute Savoyarde habite dans le refuge de Tête Rousse, situé sur la voie royale menant au toit de l'Europe, empruntée chaque année par près de 15 000 alpinistes. « Chaque nouvelle saison est une aventure, il ne faut pas le prendre comme un travail », raconte cette mère de famille de 49 ans. « Tu prépares ta saison au mois de mai et après, là-haut, t'as le temps de prendre ton temps », poursuit-elle évoquant les longues journées qui débutent avant l'aube et s'achèvent à la nuit, parfois ponctuées de ravitaillements héliportés.
  
« On essaie de donner notre maximum pour aider les gens à faire leur ascension. Pour certains, le Mont-Blanc, c'est leur rêve », dit la gardienne qui propose des petits-déjeuners et des brunchs.

La vie en hauteur  

Les anecdotes, les situations insolites, Patricia les compte « par milliers » et s'efforce de les consigner dans un carnet. L'altitude suscite parfois des comportements étranges, relève-t-elle, comme cet alpiniste arrivé de Tchéquie, qui préfèrait dormir à moitié nu dans la salle à manger du refuge plutôt que dans le dortoir. « Le plus terrible, ce sont les accidents, c'est traumatisant bien que cela fasse partie intégrante de notre métier », souligne la montagnarde.
  
En cette fin de saison, le refuge de 74 places, qui ferme fin septembre, ne désemplit pas : Hollandais, Danois, Espagnols défilent à l'accueil, visiblement affamés et faisant souvent preuve d'impatience. « Beaucoup d'entre eux arrivent désoxygénés. D'autres sont dans le stress de l'ascension », reconnaît Patricia qui parle anglais, espagnol et un peu italien. « Le Mont-Blanc, c'est très particulier. Souvent du grand n'importe quoi. Beaucoup de gens sous-entraînés, sous-équipés ou d'autres qui ont envie de monter là-haut pour se prouver quelque chose », déplore-t-elle. « Quand je sens les gens inaptes, j'essaie autant que possible de les freiner », parfois en vain, ajoute-t-elle, se rappelant notamment un curé venu seul effectuer l'ascension du Mont-Blanc, il y a quelques années. « Il a voulu partir avant tout le monde. Sur les coups de deux heures du matin, il s'est tué », regrette-t-elle.
  
Au coeur de ses longues journées, Patricia s'accorde parfois une pause à l'extérieur de son établissement, face au glacier de Bionnassay qu'elle a vu fondre au fil des années et où les couchers de soleil « ne sont jamais pareils ».
  
Lorsqu'elle redescend en vallée, « pleine de globules rouges et d'énergie », cette sportive née en Afrique et fascinée par le Grand Nord se consacre à sa passion, la haute-montagne un peu partout dans le monde.

30 septembre 2009
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Véronique Leduc
Rédactrice en chef
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