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Tourisme industriel

Une activité alternative dans la Loire
AFP - Par Céline Agnial

Quand le temps n'est pas au beau fixe et que les estivants se lassent d'écumer musées et châteaux autour de leur lieu de villégiature, il reste encore, dans la Loire, pour les plus curieux, le tourisme industriel et artisanal.
  
Faïencerie, usine marémotrice, champs d'éoliennes ou biscuiteries, site de retraitement des déchets nucléaires ou élevage d'ormeaux: les entreprises à visiter sont des plus éclectiques dans l'Ouest, où le soleil n'est pas toujours au rendez-vous cet été.
  
Plusieurs touristes se rendent sur l'île de Groix pour y voir l'élevage d'escargots qui s'y trouve
« Dès qu'il pleut, les gens sortent et viennent nous voir, comme les escargots! », plaisante Philippe Guiader, héliciculteur sur l'île de Groix qui fait découvrir son élevage de gastéropodes à une vingtaine de visiteurs par jour en été.
  
Beaucoup d'entreprises, notamment high tech, ne se visitent que sur réservation, comme c'est le cas chez l'avionneur Airbus à Saint-Nazaire, où il faut réserver 48 heures à l'avance, plan Vigipirate oblige. La famille Cazeneuve, venue de Laon, ne regrette pas ses deux heures de visite du site qui construit des tronçons d'avion, mue par la curiosité du fils, Pierre-Marie, 16 ans. « Ce qui m'intéresse, c'est de découvrir tout le processus de conception et de fabrication qu'il y a derrière les objets », explique l'adolescent. « Et ça change des musées... », renchérit sa mère.
  
Le désir de transparence pousse aussi beaucoup de sites, notamment agroalimentaires, à ouvrir leurs portes au grand public, c'est le cas de La Mie Câline
A Bouin, sur le chemin des plages vendéennes, les visiteurs peuvent venir librement admirer le champ d'éoliennes EDF. « L'été, nous avons jusqu'à 1 000 personnes par jour qui s'arrêtent ici », se félicite Patrice Baldau, chargé des visites guidées. « Elles s'intéressent souvent aux énergies renouvelables mais ont souvent des préjugés du type ‘’une éolienne, ça fait du bruit’’. Elles repartent donc agréablement surprises », souligne-t-il.
  
Le désir de transparence pousse aussi beaucoup de sites, notamment agroalimentaires, à ouvrir leurs portes au grand public. « Les gens sont de plus en plus intéressés par la découverte du fonctionnement des usines agroalimentaires, probablement pour en savoir un peu plus sur ce qu'ils ont dans leur assiette », analyse Lara Barreteau-Poulain, chargée de communication du boulanger industriel La Mie Câline dont l'unique site de production, installée à Saint-Jean-de-Monts, ouvre ses portes au grand public.
  
Pour beaucoup de PME, souvent artisanales, il s'agit également, au travers de ces visites, d'arrondir le chiffre d'affaires ou encore de promouvoir leur activité.

  
Jusqu'à 200 personnes se rendent chez Boris Le Bec pour voir les autruches
C'est le cas de Boris Le Bec, exploitant agricole à Guidel spécialisé dans l'élevage d'autruches dont il commercialise la viande. « En été, on reçoit jusqu'à 200 personnes par jour! », se réjouit l'éleveur.
Et ces visites payantes, souvent suivies d'achats en boutique, représentent 10% de son chiffre d'affaires.
  
Selon la Chambre de commerce et d'industrie des Pays de la Loire, région en pointe en matière de tourisme industriel, plus de sept millions de personnes visitent chaque année une entreprise en France, pour une grande part en été.


11 août 2009
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Véronique Leduc
Rédactrice en chef
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