Sur la plage du complexe hôtelier Sandos de Playa del Carmen, l’Anglais Peter Mauren arbore verres fumés et casquette rouge tout en profitant, margarita à la main, des derniers rayons de soleil de l’après-midi. Et la grippe porcine ? « Je me suis décidé à partir il y a trois jours! Ça vous donne une idée de mon niveau d’inquiétude », répond-il en souriant à belles dents.
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Le tourisme mexicain commence à se porter mieux, après la crise de la grippe Crédit photo : Loïc Pravaz | |
L’industrie touristique mexicaine se fait plus vigoureuse depuis juin, alors qu’en avril dernier la crise de la grippe H1N1 frappait durement le pays. Cela n’est pas pour déplaire au président de l’Office de tourisme du Mexique, Javier Aranda.
« On sent que ça revient tranquillement malgré la baisse catastrophique de l’achalandage printanier », observe-t-il, visiblement soulagé.
Le taux d’occupation des 360 hôtels du secteur de la Riviera Maya a atteint un maigre 40 % au cours des deux dernières semaines. C’est pourtant un record depuis que les autorités sanitaires ont déclaré l’état d’alerte en avril dernier. À pareille date l’an passé, le taux d’occupation moyen frisait les 70 % et ce, malgré la « basse saison ».
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| legend... | | Partout au pays, la situation est devenue si pénible au cours du mois de mai que le gouvernement mexicain a lancé une campagne de 105 millions de dollars au slogan court mais non-équivoque : Vive México. Le but avoué de la campagne est de stimuler le tourisme intérieur. Chaque année, les Mexicains comptent pour 13 % du total des vacanciers du pays. « Nous les encourageons à voyager chez eux, dans leur pays. Ils savent que cela en vaut la peine, que c’est sans danger maintenant », affirme Javier Aranda.
Au Sandos Playacar, hôtel de renom de Playa del Carmen, le taux d’occupation du total des 856 chambres est de 64 %, alors qu’en mai, il peinait à atteindre les 44 %. « Cinq des dix hôtels du secteur ont dû être complètement fermés pendant un mois entier, déplore Yazmin Salgado, directrice des ventes du complexe hôtelier Sandos. Ça a été dévastateur. Nous avons dû mettre à pied plusieurs employés ».
Braulio est DJ à l’hôtel Sandos et y travaille depuis environ un an. En mai dernier, il a eu très peur de perdre son gagne-pain. « J’ai vu plus d’une cinquantaine de mes compagnons de travail être licenciés sans salaire. Surtout les serveurs et les barmans. Je suis chanceux, on m’a gardé. Je suis content, je suis bien ici », lance-t-il tout en démêlant ses fils et micros pour le spectacle de la soirée.
La concurrence entre les employeurs hôteliers de Riviera Maya est très féroce. Le tourisme y est l’industrie la plus lucrative de la région et engrange près de 90% des revenus totaux de cette partie de l’état du Quintana Roo, dont fait partie la Riviera Maya. Chaque jour, toutes les entreprises déploient des efforts colossaux afin de rendre l’expérience mémorable. Restauration branchée, visites des parcs aquatiques, des pyramides Mayas et des autres attraits touristiques sont soigneusement organisées pour l’invité en quête de découvertes et de détente. Bien sûr, il va de soi que le service et les hola accompagnés d’un large sourire sont partout.
Jazz Maya
Soucieuse d’en offrir toujours plus à ses visiteurs, la Riviera Maya promeut chaque année son festival de jazz aux touristes étrangers. Depuis 2004, celui-ci a toujours lieu à la fin novembre et rassemble des artistes de renommée internationale sur ses plages de sable blanc. L’an dernier ce sont 35 000 visiteurs, étrangers pour la plupart, qui sont venus écouter de grands noms du jazz tels George Benson ou Marcus Miller. « Cette année le festival durera cinq jours. Nous aurons droit à la visite de Al Jarreau et à celle de Herbie Hancock. Ça grossit de plus en plus et même si la scène jazz montréalaise est extraordinaire, on n’y écoutera jamais de la musique les pieds dans le sable », rigole Fernando Toussaint, instigateur du festival et musicien.
Ce batteur à l’origine du festival est d’ailleurs très fier de sa dernière prise, le chanteur d’origine montréalaise Gino Vanelli. Conviée à la soirée pré-festival de cette 6ième édition du Festival de jazz de la Riviera Maya, la vedette populaire des années 70 et 80 a offert une prestation tout en voix sur la plage de Mamitas samedi dernier. Entre 7000 à 8000 festivaliers mexicains se sont déplacés pour applaudir l’interprète des classiques I Just Wanna Stop et Black Cars. C’est d’ailleurs devant une foule en liesse et au meilleur de sa forme que le chanteur populaire s’est présenté sur scène. N’ayant cure des avertissements de grippe lancés ici et là de par le monde, il a rétorqué, ironique : « Tu te sers de ta tête. Tant que tu n’embrasses pas des inconnus et que tu ne mets pas tes doigts dans ta bouche, ça peut aller. »
Un pays affaibli malgré la reprise
Bien qu’il y ait recrudescence du tourisme à la Riviera Maya, le pays entier continue de ressentir les effets de la crise de la grippe H1N1. Plusieurs Mexicains considèrent d’ailleurs cette crise comme injustifiée et l’attribuent à la panique semée par les gouvernements européens et leurs autorités sanitaires. « La France, l’Italie et l’Angleterre sont les pays qui ont le plus exagéré l’ampleur de la crise et nous sommes un peu en colère contre leurs gouvernements. Ça nous a fait beaucoup de mal pour rien et renverser la situation est difficile », souligne Madame Salgado. Plusieurs pays avaient interdit les voyages à destination du Mexique et ce, jusqu’au début juin.
Chaque année, des milliers de touristes provenant des États-Unis, du Canada et du Mexique plient bagage pour aller se prélasser dans les eaux turquoise des plus belles plages de la Riviera Maya.
Début juin, les séquelles de la crise étaient déjà moins apparentes. Seul un formulaire de santé à l’aéroport ainsi qu’une mesure de la température corporelle en fin de séjour étaient alors exigés. Malgré ces contrôles, aucun vaccin supplémentaire n’est obligatoire et aucun visage couvert par un masque n’a été aperçu de tout le séjour.
Au Sandos Playacar de Riviera Maya, le message est d’ailleurs très clair; quiconque appelle la réception de l’hôtel afin de s’enquérir de la situation obtient pour réponse : todo es normal. Tout est normal.
Quand on lui demande finalement ce dont elle rêve en ce moment, Yazmin Salgado éclate de rire et conclut: « De la surréservation ! »
7 juillet 2009 Pour votre opinion, des conseils ou des questions, visitez notre forum!
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