| |
 |
 |
 |
|
|
|
|
| À crier sur tous les toits! |
Réseau de veille en tourisme-Par Marianne Dodelet
|
 |
| La terrasse de l'hôtel de la Montagne à Montréal est un bel exemple d'utilisation du toit lors de la belle saison | | Quand on considère la valeur immobilière des espaces urbains qui ne cesse de grimper, force est de constater que les toits des centres-villes sont sérieusement sous-utilisés. C’est surtout vrai des hôtels, qui sont toujours à la recherche d’économies ou de nouvelles sources de revenus et de moyens inusités de se distinguer de la concurrence, particulièrement en période estivale. Voici quelques utilisations intelligentes et originales de toits d’hôtels.
Soleil, soleil…
Vous avez de l’espace ensoleillé sur votre toit? Pensez à l’énergie solaire! De nouvelles technologies font en sorte que, même dans les pays nordiques, le soleil peut générer suffisamment d’énergie pour réaliser des économies sur la facture de chauffage de l’eau. Le Confederation Place Hotel de Kingston, en Ontario, a été le premier établissement commercial dans l’est du Canada à adopter cette technologie en fixant 20 capteurs solaires sur une partie de son toit. Le système permet à l’hôtel de chauffer l’eau utilisée pour la piscine, le bain à remous, les salles de bain des 94 chambres ainsi que la cuisine. Installé en 2005, le système a coûté 52 000$ et il permet maintenant des économies de 10 000$ par année.
Une couverture végétale
Les avantages environnementaux des toits verts sont nombreux: meilleure qualité de l’air, diminution de la chaleur dans les zones urbaines, absorption et filtration des eaux de pluie, etc. Au-delà de leurs bienfaits pour l’environnement, ces couvertures végétales peuvent également être bénéfiques à l’entreprise. En effet, les toits verts procurent une amélioration des performances thermiques en aidant à garder les bâtiments frais l’été et chauds l’hiver. Ils assurent aussi une prolongation de la durée de vie du toit ; on estime qu’une couverture végétale peut jusqu’à doubler l’espérance de vie d’un toit. De plus, les toits verts procurent une amélioration de l’isolation acoustique. En effet, il suffirait d’un terreau d’une douzaine de centimètres pour réduire les polluants sonores des machineries, des routes et du trafic aérien.
 |
| Pourquoi se limiter au toit quand les murs «végétalisés», conçus pour le climat québécois, feront bientôt leur apparition? Source: envirozon | | Et tout ça, sans compter la possibilité d’une agriculture urbaine ! Tout comme le Fairmont Château Frontenac de Québec, qui fait pousser des fines herbes sur son toit, le Fairmont Waterfront de Vancouver cultive un jardin biologique: fines herbes, fleurs comestibles, fruits et légumes y poussent à l’année, ce qui, selon un porte-parole, permet d’économiser environ 15 000$ annuellement en achats pour la cuisine.
Quant à lui, l’hôtel Fairmont Royal York, de Toronto, a créé un véritable buzz en poussant l’idée encore plus loin. Pour encourager la pollinisation, l’hôtel a installé trois ruches sur son toit, ce qui lui permet d’utiliser son miel de production «supérieure» dans la confection des mets vedettes au menu du restaurant.
Pourquoi même se limiter au toit quand les murs «végétalisés», conçus pour le climat québécois, feront bientôt leur apparition?
Sur le toit du monde
Il va sans dire qu’un toit peut devenir un espace de tranquillité mis à la disposition d’une clientèle exclusive pour des événements spéciaux ou encore servir de toile de fond pour le réseautage, comme dans le cas d’un salon-bar à ciel ouvert. Il en va ainsi de la terrasse sur le toit de l’hôtel Shelburne Murray Hill de New York, dont les profits dépassent ceux générés par le restaurant du hall d’entrée bien qu’elle ne soit ouverte qu’en après-midi et en soirée, et ce, cinq mois par année. En effet, les consommateurs sont disposés à payer plus cher pour se retrouver dans un cadre magnifique.
Un toit qui fait son cinéma
Dans le but d’accroître l’achalandage sur les «toits-terrasses» de leurs établissements, certains hôtels se lancent dans le cinéma. Le Limes Hotel, en Australie, organise des projections de films populaires et de grands classiques, tandis que le Westin Bonaventure de Los Angeles présente une série de films et de vidéos d’artistes inspirés par la science-fiction.
Augmenter sa capacité… sur le toit
 |
| À ses clients en quête d’une expérience hôtelière unique, l’hôtel Grand Daddy, du Cap, en Afrique du Sud, propose sept roulottes vintage rassemblées sur son toit | | Les voyageurs partagent leurs expériences dans les forums de discussion sur Internet, et les exemples abondent. Du Maroc à Israël, certains hôtels permettent aux voyageurs à petits budgets de dormir sur leurs toits, à la belle étoile. Serait-ce là une façon d’accroître sa capacité en saison estivale?
À ses clients en quête d’aventure et d’une expérience hôtelière unique, l’hôtel huppé Grand Daddy de la ville du Cap, en Afrique du Sud, propose sept roulottes vintage Airstream rassemblées autour de la piscine sur son toit. Des artistes locaux y ont créé des ambiances insolites. L’après-midi, la terrasse est ouverte aux clients ainsi qu’aux curieux.
Une clientèle à apprivoiser…
Les compétiteurs du dernier concours canin du prestigieux Westminster Kennel Club ont pu étirer leurs pattes, grignoter un pupcake et prendre l’air frais sur le toit de l’hôtel Affinia, en plein cœur de Manhattan, où est aménagé un parcours en gazon artificiel agrémenté de jouets et de fausses bornes-fontaines pour Fido. Avec la hausse du nombre de touristes qui voyagent avec leurs animaux de compagnie, c’est une niche à ne pas négliger! Montréal
À Montréal, rares sont les hôtels utilisant leur toit pour accueillir la clientèle. C’est le cas entre autres de l’Hôtel Nelligan dans le Vieux Montréal, qui propose un concept chic de bar-terrasse sur son toit qui procure une vue impressionnante, d’un côté sur le port et de l’autre, sur le centre-ville. Aussi dans le Vieux Montréal, l’Hôtel Place d’Armes propose à sa clientèle un petit bar-terrasse sur le toit, ouvert pendant la saison estivale. Même chose pour l’hôtel de la Montagne maintenant réputé pour sa piscine et son bar en hauteur.
Malgré quelques rares exemples, les toits du parc hôtelier québécois sont sous-exploités et gagneraient à être davantage utilisés. En effet, pourquoi ne pas embellir ces espaces perdus et transformer ces étendues de goudron et de gravier ? Les possibilités sont illimitées, et les avantages, tangibles. Qui sait, vous êtes peut-être assis sous une mine d’or!
Réseau de veille en tourisme, Chaire de tourisme Transat, École des sciences de la gestion, UQAM, www.veilletourisme.ca
|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|