À
quoi pensez-vous lorsqu’on dit République Dominicaine
? Au farniente sur plages paradisiaques ? À Punta Cana
et ses piñas coladas ? En fait, la
République
Dominicaine est recouverte à 80% de chaînes de
montagnes, dressées du Nord Ouest au Sud Est, et regorge
de forêt tropicale luxuriante. Berceau du Nouveau Monde
au 15e siècle, l’île aux cocotiers s’est
depuis transformée en trophée touristique aux
multiples attraits : richesses naturelles dans 16 parcs nationaux,
écotourisme proéminent, vestiges et splendeurs
historiques. Le tout est couronné par une vie signée
salsa/merengue, un rythme qui anime un peuple africo-européen
des plus chaleureux au monde.
Capitale:
Saint-Domingue, 2 millions d’habitants Langue
officielle: Espagnol, parlé très
vite ! Population: 9 millions, dont
73% métissés (noirs/espagnols), 16% espagnols
et 11% noirs. Superficie : 48 734
km2, 2e plus grande île des Antilles après
Cuba (110 860 km2) |
Monnaie : Peso (1$
= 29,6 pesos)
Climat : Climat tropical humide, allégé
par l'altitude en montagne et par les vents près
de la mer. Saison sèche de novembre à avril
et saison humide de mai à octobre. Températures
moyennes : en août, 29 °C et en janvier, 25 °C.
Distance de Montréal : 3027 km (4
heures de vol) |
Visiter la République
Dominicaine, c’est un peu retourner aux sources de l’Amérique.
Deuxième île d’importance des Caraïbes
(seule Cuba est plus grosse), Hispaniola est partagée
par Haïti (36% du territoire) et la République Dominicaine,
qui couvre 64% de l’île à l’histoire
épineuse.
Divisée
en 29 provinces, la République Dominicaine jouit d’une
des plus belles collections de plages des Caraïbes. Elles
ont particulièrement charmé les Nations Unies
qui, en 1968, les ont encensées dans un rapport annuel
: « De toutes les plages du monde, peu ont des eaux tant
transparentes et le sable si blanc que cela paraît un
rêve ». Mine de rien, l’organisme a en quelque
sorte scellé le succès touristique de l’île
!
Bien
que célébrée pour ses 1600 km de côtes
et la qualité de ses plages idylliques, la République
Dominicaine recèle de nombreux trésors vierges
avec ses hautes sierras. Épine dorsale du pays, quatre
chaînes de montagnes divisent le pays est/ouest et élèvent
le plus haut sommet des Antilles. Le Pico Duarte, qui culmine
à 3175 m, est un lieu de trek fort prisé. Deux
parcs nationaux et des dizaines de fleuves limitrophes permettent
aussi du canyoning spectaculaire.
Au cœur de la cordillère centrale, il ne faut pas
manquer la petite ville de Jarabacoa, où les 40 000 habitants
profitent d’un printemps éternel et de fruits,
légumes et jardins de toutes les couleurs. Des expéditions
dans les jungles environnantes mènent à la rivière
Yaque Del Norte, qui offre également du rafting défiant
la quiétude !
Partout sur le reste de l’île, on retrouve un kaléidoscope
géographique comptant 20 écosystèmes différents.
Le plus important demeure la forêt tropicale humide (13%
du territoire), bien garnie de palmiers royaux, arbres courts
mais dotés d’un tronc et feuillage imposants. Le
palmier jaguar et l’acajou, arbre au bois précieux
qui fouette l’économie locale, sont également
monnaie courante.
En
se dirigeant vers le sud-ouest, on tombe sur des étendues
désertiques, truffées de cactées, d’agaves
et d’arbustes épineux. Vous voilà au Parque
Nacional Jaragua qui, à 1374 km2, représente la
plus grande zone
protégée
du pays. Il y a aussi le magnifique Lago Enriquillo, lac d’eau
salé situé à 40 m sous le niveau de mer.
Enriquillo constitue le plus grand lac de tout l’archipel
des Caraïbes. Gare aux grands aventuriers : il est peuplé
de crocodiles, de boas et de geckos, bêtes préhistoriques
qui n’ont pas changé depuis des millions d’années.
En plein cœur du lac flotte aussi la célèbre
Isla Cabritos, qui abrite des iguanes géants. Bonne chance
pour déceler le solenodo et le hutia, rares rongeurs
nocturnes, qui se faufilent dans les parages et les tortues
géantes qui subsistent dans les innombrables lagons.
Incroyable de concevoir que toutes ces espèces co-existent
à quelques heures de Punta Cana !
Toute une diversité géographique en République
Dominicaine. Des interminables champs de canne à sucre
aux verdoyantes bananeraies, des cascades et lac sauvages aux
grottes et forêts denses, les risque-tout y trouveront
leur compte. Aussi impressionnant soit-il, l’écotourisme
attire autant de visiteurs qu’un autre grand appât
du pays : le tourisme culturel.
Faits
insolites
 |
-
Baseball : Une passion nationale ! La
République dominicaine fournit le plus grand nombre
de joueurs étrangers aux Ligues Majeures des Etats-Unis
(Vladimir Guerrero, Sammy Sosa, Pedro Martinez, etc.)
- Bonjour Mesdames ! Les hommes dominicains
ont la réputation d’être créatifs
et persistants en amour. On les surnomme les Caraïbes
piquantes.
- Les policiers et militaires n’ont pas
le droit de voter.
- Seulement 190 000 Dominicains ont un téléphone,
contre 728 000 qui possèdent une télévision.
- Même si 25 % des Dominicains vivent sous le seuil
de la pauvreté, le pays jouit d’une
des économies les plus expansionnistes
de l’hémisphère nord. |
|
Histoire et
traditions bouillonnantes
À
l'origine, la République Dominicaine était peuplée
des Taínos. Les premiers indigènes l’avaient
nommé Ayiti, c'est-à-dire « Terre des hautes
montagnes ». On comprend d’où vient le nom
de son voisin contemporain…
Le
5 décembre 1492, la République Dominicaine accueille
son premier touriste : Christophe Colomb, qui scrute l’île
à la loupe pour dénicher de l’or. Dans ses
mémoires, il qualifie le territoire comme « un
miracle de la main de Dieu ». Avant l’arrivée
de l’ambitieux marin espagnol, Ayiti comptait quelques
400 000 habitants. Vingt-cinq ans plus tard, après l’exploitation
à profusion des Indigènes et des mines d’or,
il reste moins de mille Taínos. Christophe Colomb devient
le vice-roi de Navidad, première ville fondée
d’Amérique, l'endroit exact où est aujourd'hui
érigée Santo Domingo. L’explorateur espagnol,
en établissant la première colonie européenne
du Nouveau Monde, inaugure une période jalonnée
de colonisations et d’interventions successives.
Pendant des siècles, Hispaniola est paralysée
par les tensions française-espagnole et haïtienne-dominicaine,
ainsi que la présence de pirates. C’est finalement
le traité de Ryswick, en 1697, qui partage l’île
entre la France (ouest) et l’Espagne (est). Les deux pays
d’aujourd’hui ont pris du temps à gagner
leur indépendance de façon définitive :
Haiti en 1804 - première république noire indépendante
au monde - et la République Dominicaine en 1865.
Toutefois, quiconque partage un même territoire s’attire
les foudres de son voisin et les tensions entre les deux pays
sont encore présentes aujourd’hui. La communauté
haïtienne vivant en République dominicaine reste
sans statut juridique, souvent victime d’ostracisme. Environ
250 000 d’entre eux vivent dans des conditions déplorables
dans quelque 250 « bateyes », villages de coupeurs
de canne à sucre.
Villes
et régions importantes
Saint-Domingue
Avec
un tel passé tumultueux, les amateurs d’histoire
ne sont pas en reste à Saint-Domingue, première
ville européenne du Nouveau Monde vieille de 1502. Située
au sud de l’île, la capitale affiche un témoignage
architectural unique dominé par la pierre. Santo Domingo
est la ville de tous les contrastes : festive avec ses 3 millions
d’habitants, entourée de falaises et flancs turquoises
tranquilles, mais dotée d’un rythme de vie effréné.
Particulièrement agréable dans la Zona
Colonial, l’enclave historique du pays, Saint-Domingue
est bondée de vestiges historiques : Le Convento de la
Orden de los Predicadores, première église du
Nouveau monde (1520), les ruines du premier hôpital, San
Nicolás de Bari (1503), ainsi que celles du plus vieux
fort européen, le Fuerte de Santa Bárbara
(1570).
On dit que l'avenue principale, Calle Das Lamas, est la plus
vielle rue du Nouveau Monde. On peut y admirer la fameuse Cathédrale
Santa-Maria, la plus ancienne cathédrale, bâtie
en 1523. C'est un mélange unique d'art Gothique et de
Renaissance, englobant ce qu'il se fait de mieux en matière
d'architecture espagnole.
Il ne faut surtout pas manquer la tombe
de Christophe Colomb au Faro de Colon, oeuvre gigantesque entouré
de jardins et fontaines. On y resserre régulièrement
les mesures de sécurité pour respecter la dépouille
du célèbre conquistador…
Au nord : l’Atlantique
Cabarete
Station
balnéaire de la côte atlantique, Cabarete est située
sur l’immense baie du même nom, devenue la Mecque
des planchistes à voile. Plusieurs ingrédients
clés créent des conditions idéales, particulièrement
de mai à juillet : vents forts et réguliers, eaux
peu profondes et délicieuses plages de sable blond. L'océan
est d'un turquoise profond, bigarré par les planchistes
multicolores qui surgissent des vagues déferlantes. Avec
une clientèle jeune, sportive et avide de sensations
fortes, il va sans dire que la vie ne s'arrête pas au
coucher du soleil. Orchestre sur plage, backpackers qui prennent
d’assaut les nombreux bars, on trouve ici le nightlife
le plus trépidant des stations balnéaires.
Samaná
Rarement
au pays voit-on montagnes, plages, villes et villages s’harmoniser
autant qu’ici.
Péninsule de 1 000 km2 riche en paysages pittoresques,
elle est traversée par la cordillère de Samaná,
dont les montagnes plongent dans les eaux bleues et créent
la Bahía de Samaná. À elle seule, cette
baie attire 80% de toutes les baleines à bosse de la
planète. Elles viennent s’y reproduire chaque année.
Janvier et février sont les meilleurs mois pour
assister
à ce spectacle unique.
Pour courtiser la femelle, le mâle propulse son énorme
gabarit 30 à 40 tonnes hors de l'eau, puis replonge dans
un énorme PLOUF ! Femelles et petits se livrent également
à des clowneries aériennes. Il est possible d'observer
ces scènes folâtres avec des jumelles, mais rien
ne vaut une excursion en bateau pour rencontrer ces géants
dociles.
Autre rencontre possible et merveilleuse
: le lamantin, animal insolite que vous avez peut-être
aperçu sur les plaques d’immatriculation floridiennes.
Menacé d’extinction et très curieux de nature,
ce mammifère de 600 kg nagera peut-être directement
vers vous. Amusez-vous avec lui, il n’agit que par ludisme
!
À l’est : Punta Cana
Pas
de villages et encore moins de villes à l'extrémité
est du pays, quasi-inhabitée, mais une panoplie de tout-inclus
poussent comme des champignons et les superbes plages de sable
blanc complètent le portrait. Des milliers de cocotiers
avec ça ?
Punta Cana est la plaque tournante du boom immobilier et hôtelier
depuis maintenant 10 ans, après que les investisseurs
américains, allemands, français, canadiens et
italiens ont envahi la terre dominicaine pour faire fortune.
Mission accomplie. Les promoteurs ont tous construit d’immenses
hôtels luxueux au bord de plages complètement isolées.
Évidemment, vous aurez peu de chance de découvrir
la vie locale et de rencontrer des Dominicains en ces parages
hédonistes, fréquentés par les touristes
en quête de farniente, d’aventures sentimentales
et de vie nocturne.
Au Sud : la mer
des Caraïbes

Extension
naturelle de Punta Cana, toute la côte à l’est
de Santo Domingo se caractérise par des plages de sable
resplendissantes, près desquelles ont surgi bon nombre
de complexes hôteliers. Certains sites touristiques ont
été érigés dans des zones jadis
inhabitées en bordure de mer, comme Juan Dolio et Casa
de Campo, à La Romana. D’autres ont plutôt
été construits au centre de villages dominicains
typiques, avec des modestes cases créoles en bois qui
côtoient les hôtels modernes tout confort, comme
Boca Chica et de Bayahibe.
Tout au long de cette côte, les eaux
miroitantes des Caraïbes font jubiler les visiteurs, et
la végétation verdoyante pleine de palmeraies
alterne avec les champs de canne à sucre, plus clairsemés
dans la région de Bayahibe. Vous cherchez des îlots
vierges charmants ? Isla Catalina et l’Isla
Saona sont de véritables paradis de sable et
de palmiers, idéals pour une excursion d’une journée.
Comme nous avons découvert plus
tôt, plus on se dirige vers le sud-ouest, plus la région
étonne avec l’alternance de forêts tropicales
et des zones désertiques, jusqu’au lac salé
Enriquillo, qui abrite les rescapés de dinosaures.
¡Fiesta!
Ce
sont certainement les tourismes historique, écologique
et de détente qui attirent les 2,5 millions de visiteurs
annuels en République Dominicaine. Mais il ne faut pas
oublier les milliers qui choisissent d’y venir pour l’esprit
festif et l’hospitalité des Dominicains, pourtant
aux prises avec des problèmes de pauvreté considérables.
Ils embrassent la vie. Ils la célèbrent sans cesse,
avec des carnavals et festivals, autant religieux que civils,
qui ponctuent les 12 mois de l’année. Les combats
de coqs sont bien populaires auprès des hommes, mais
c’est la musique qui contrôle la vie des locaux
!
La merengue ? on peut l’appeler l’opium
du peuple ? domine tout le paysage sonore, peu importe si vous
êtes au restaurant, à la plage ou dans le bus !
Du 23 juillet au 31 juillet, les rues et plages de
Saint-Domingue
se remplissent des meilleurs danseurs et danseuses du monde
entier lors du festival de merengue.
Post-colombien,
le peuple dominicain a hérité de la culture de
l'Espagne, bien qu’ils l’aient marié aux
cadences africaines. Le pays est toujours en fête, surtout
en février pour la fête nationale du 27 février,
jour de l’indépendance. Couleurs, danses, rythmes
et rites curieux transmutent l’île en paradis festif.
Chaque région a ses coutumes spécifiques, mais
vous trouverez les diables à cornes partout. Chaque dimanche,
les diables boiteux, parés de leur vessie de taureau,
suscitent l’émoi des passants en les fouettant.
La ville la plus folle est La Vega, dont
le carnaval a récemment été déclaré
« Patrimoine folklorique national » par la Chambre
des députés. La ville compte 80 groupes différents
de Diablos Cojuelos, tous issus de quartiers différents.
Vous voilà bien parés pour l’aventure
en République Dominicaine. Avec toutes ces options riches
et colorées, comptez-vous quand même vous écraser
dans le sable ?