Par: Sharif Mirshak

Cette semaine, BonjourVoyage.com vous présente l’un de ces rares pays où les amoureux oisifs du soleil et les plus grands aventuriers se réjouissent au plus haut degré.

Mers turquoises séduisantes, panoramas imprenables d’une variété étourdissante, longues plages qui se perdent à l’horizon, gastronomie, biodiversité unique et sites archéologiques de civilisations mystérieuses, dont les secrets laissent perplexe l’homme moderne : le mélange est on ne peut plus éclectique. Cette ribambelle de charmes attire plus de 22 millions de touristes chaque année, ce qui fait du Mexique le 8e pays le plus visité de la planète.

On y retrouve un relief extrêmement diversifié, alternant vastes plaines et régions montagneuses, hauts plateaux et déserts. La majeure partie du pays est formée d’un immense plateau élevé, entouré de chaînes de montagnes qui s'abaissent vers d'étroites plaines côtières à l'ouest et à l'est. Les deux principales chaînes de montagnes, la sierra Madre occidentale et la sierra Madre orientale, se rejoignent dans le sud-est à La Junta, où elles sculptent la sierra Madre du Sud, un labyrinthe de montagnes volcaniques où s'élèvent le plus haut sommet (Orizaba, 5610 m). On y retrouve aussi une chaîne de volcans actifs reliant les deux côtes, comme un fil conducteur conçus expressément pour les expéditions éco-touristiques. Un vrai bijou pour les géologues !



Climat :
L'été (mai-octobre) est la saison des pluies au Mexique. La meilleure période pour visiter s’étend de la fin octobre au mois d’avril.
Températures moyennes, Yucatan : 25°C, Mexico : 18°C.

Monnaie : Peso (1 $ = 9,14 pesos)

Politique : République fédérale divisée en 32 états avec le président Vicente Fox à sa tête.

Eau : Le Mexique est entouré de 4 mers : Cortés, Caraïbes, le golfe du Mexique et l’Océan Pacifique.




Langue :
Espagnol, parlé avec un accent chanté !

Capitale : Mexico City (22 millions d’habitants), une des 5 villes les plus peuplées, bruyantes et polluées du globe.

Superficie totale : 1 972 551 km² (le Québec couvre 1 691 286 km2)

Population : 91 millions, dont 60% de Mestizos (mélange indien et européen), 30% d’Indiens et 10% de descendants européens.

Distance de Mtl : 3723 km, environ 4-5 heures de vol.


La côte Pacifique, rendue célèbre par Acapulco, est prisée par les amateurs de vagues, celle du Golfe est réputée pour sa séduction tropicale et l’eau limpide des Caraïbes, pour ses plages caressantes et sa faune sous-marine vivace et bigarrée.

Le Mexique est avant tout une destination soleil, avec 60 % des touristes qui viennent uniquement pour se gâter au bord de la mer. Ceci explique clairement la localisation littorale des innombrables chaînes d'hôtels. Dans Quintana Roo, état dominé par Cancun, Cozumel et Isla Mujeres, plus de 50 % du P.I.B dépend du tourisme, qui emploie plus de 40 % de la population active.

Néanmoins, l'archéo-tourisme est en forte progression, comme dans les états voisins d'Amérique centrale. D’ailleurs, le Mexique s’est regroupé avec le Guatemala, Bélize, El Salvador et Honduras pour former El Mundo Maya, une structure destinée à mettre en valeur les anciennes cités mayas auprès des touristes des quatre coins du monde.

Survolons le Mexique par région :

Mexico City

Mexico est le siège de la vie financière, intellectuelle et artistique du pays. Fait surprenant : la ville est construite là où siégeait l’ancienne capitale aztèque, Tenochtitlán. Il y a 500 ans, Mexico était immergée sous le lac Texoco, mais celui-ci s’est progressivement asséché et a permis l’éclosion d’une mégapole. Néanmoins, il reste une importante zone marécageuse aux alentours de la ville, qui est également entourée de volcans comme le Popocatepetl et l'Ixtaccíhuatl. Cette formation en cuvette aggrave l'effet de la pollution, puisque les vents ne peuvent la disperser suffisamment. Malgré le taux élevé de criminalité, Mexico fascine les visiteurs avec ses nombreux trésors historiques et culturels, comme El Zócalo, Palacio Nacional et Xochimilco avec ses jardins flottants. Rappelez-vous : la ville est construite sur les ruines somptueuses des Aztecs, en plein cœur de l’ex-capitale.

La Basse Californie

La population y est clairsemée et la région continue à résister au peuplement. Ses plages isolées sont fort prisées pour les eaux cristallines, la pêche et la plongée. Une raison bien particulière fait échapper la région à l'essor économique observé ailleurs dans le pays : des variations de température extrêmes, qui surgissent en moins de 24 heures.

Attrait majeur : la halte des baleines grises dans les lagunes côtières, seul lieu de reproduction connue de ces mammifères. Sanctuaire de cette espèce, la péninsule de Baja attire des milliers de visiteurs lors du bal des baleines aux premiers jours du printemps. Quelques lieux de villégiature offrent l'atmosphère de stations balnéaires. Le long de la frontière, plusieurs villes industrielles travaillent au profit de leur grand voisin nordique, dont Tijuana, avec son million d'habitants et sa fulgurante expansion humaine de 5 % par an. Malgré ses promesses de tequila, sexe et marijuana, Tijuana ne s’avère pas une destination trop attrayante.


Le Nord du Mexique

Le Nord est l’espace le moins peuplé du Mexique. Cette grande région aride est couverte de déserts, plaines et montagnes sauvages. Les rares visiteurs y ressentent un sentiment d’isolation, comme hors du temps. Il ne faut manquer ses canyons, tout à fait à la hauteur de ses semblables américains plus célèbres.

Sur l'océan Pacifique, Mazatlan est la station balnéaire de choix. Renommée pour sa faune et sa flore, il ne faut surtout pas manquer son carnaval, réputé comme étant l'un des meilleurs au monde. Folle tradition datant de 1898, la fête débute cette année le 6 février. D'autres stations balnéaires peu connues, comme Sayulita ou Bahia Kino, séduisent les touristes avec leurs plages immaculées et leur climat stable et plaisant.


Le centre colonial

Patrie des mariachis, rodéos et tequila, Guadalajara s’avère la deuxième ville d’importance du pays avec 3 millions d’habitants. Elle offre d’intéressants vestiges coloniaux, mais n’attire pas la manne touristique. C’est plutôt Puerto Vallarta, station balnéaire de luxe, qui vole la vedette de cette région du Mexique.

Victime de nombreuses invasions pirates, Puerto Vallarta est restée très longtemps un petit village pêcheur aux anses retirées. Mais, en 1963, Hollywood est venu brouiller les cartes quand John Huston y a filmé « La nuit de l’iguane » avec Elizabeth Taylor et Richard Burton. Presque instantanément, Puerto Vallarta est devenue la Mecque du « Jet Set », bourdonnante d’excitation et de divertissements. Le pouvoir de Hollywood ne cesse de surprendre… Aujourd’hui, Puerto Vallarta remporterait sans doute la palme de la ville la moins authentique, avec ses centres d’achat et boutiques franchisées qui flétrissent le décor. Lieu de retraite confortable ou fac-similé des tropiques ? Le débat est ouvert, mais il ne semble pas repousser les 50 000 visiteurs quotidiens et 3 millions annuels !

Autre paradis des vacances, Acapulco repose sur une bande étroite de terrain plat, entre la côte et les montagnes qui nimbent la baie. D’une beauté incontestée, celles-ci causent néanmoins un climat exceptionnellement chaud. Les autorités mexicaines ont dû introduire une brise de mer en créant le passage Abra de San Nicolas. Phare du tourisme mexicain, « la perla del Pacifico » offre des centaines de clubs et tout un brouhaha au port, mais les amateurs de nature peuvent s’en éloigner et profiter des nombreux centres d’intérêt écologiques. Ne manquez pas les plongeurs de la Quebrada qui s’aventurent, tête première, sur une falaise de 35 m. Avec le surnom de « plongeur de la mort », on comprend que la traditionnelle prière pré-plongeon est de mise…

Plus au sud, en plein cœur du Mexique, Taxco offre l'image romantique (plus authentique) de l'ancienne Espagne avec ses rues pavées et ses toits de tuiles rouges. Pour un pèlerinage catholique, Puebla, surnommée " la robe du Mexique ", est votre ville de prédilection, elle qui regorge de centaines d’églises baroques du XVIe siècle. Quatrième ville du Mexique, Puebla est le paradis des promeneurs, émerveillés par les belles céramiques ornant murs et dômes partout dans ce bijou de ville.

Tequila existe réellement ! Située tout près de Puerto Vallarta, elle produit le fameux alcool ? devenu symbole touristique du pays ? à partir d’une plante nommée agave, dont les champs parsèment le paysage. Les cœurs d’agave doivent être cultivés pendant 10 ans avant d’être cuits pour 50 heures afin d’en rehausser les saveurs. Les rares touristes de Tequila, pour des raisons évidentes, semblent oublier une bonne partie de leur séjour…


Le Yucatan

Ce territoire voit ses côtes baignées par le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. La région est très riche en sites archéologiques (il ne faut pas manquer Chichen Itza). Mérida est la capitale de l'État du Yucatán et, avec une population de 1 million d’habitants, elle demeure la plus grande ville de toute la presqu'île. Mais bien sûr, les touristes préfèrent les endroits plus léchés…

Cancun

Cancun jouit d’une histoire spéciale Avant 1970, cette méga bombe du tourisme n'était qu'une petite île sablonneuse avec à peine 100 habitants mayas vivant de pêche et de récolte de chile. Puis, du jour au lendemain, le gouvernement a décidé de la transformer en station touristique internationale. Avec 240 jours de soleil par année, une température moyenne de 27,7°C, une mer turquoise et limpide et des plages de sable fin, Cancun s’est rapidement taillée une place sur l’échiquier touristique mondial. Elle accueillait annuellement 700 000 visiteurs dans les années 80 et plus de 1, 7 millions aujourd'hui. La population locale n’est pourtant que de 50 000 habitants ! À elle seule, la ville contribue à 53 % du P.I.B de l'état, alors que la capitale, Chetumal, ne contribue qu'à 10 %.

Cancun a été dévastée par le passage de Wilma en octobre 2005, donc consultez votre agent de voyages avant de planifier votre voyage. Beaucoup d’hôtels demeurent fermés.

Cozumel

Située au nord-est du Yucatan, « l’île des hirondelles » est aussi commerciale que Cancun et jouit d’une réputation monstre chez les spécialistes de plongée sous-marine. Mais détrompez-vous : la plongée y est chère et les paysages sous-marins sont certes jolis et captivants (lesquels ne le sont pas ?), mais l’absence de poissons et de faune aquatique s’avère décevante pour les prix exorbitants.

Attention : Cozumel a été presque anéantie par l’ouragan Wilma, et l’île est présentement fermée aux touristes. Mais ne vous en faites pas, il existe de bien meilleurs sites de plongée…


La Riviera Maya

Wilma a fait des ravages ici également, mais heureusement les 30 000 chambres de la Riviera Maya sont presque toutes ouvertes aux touristes. Consulter votre agent de voyages pour plus de détails.

À l’extrémité sud-est du pays, 120 km de plages exquises s’étirent du sud de Cancun jusqu'à Punta Allen, en passant par une foule de stations touristiques de rêve. À 52 km au sud de Cancun, la réputation de Playa del Carmen n’est plus à faire, avec son heureux mélange de tourisme écologique et « tout-inclus ». Coincé entre la mer et la forêt tropicale, ce pôle du tourisme international n’a heureusement pas perdu son âme.

En juillet/août, on peut admirer les tortues géantes nocturnes qui pondent leurs œufs à Paamul, un endroit de détente avec des cocotiers comme fond de toile. Les logements en cabanas, parsemés au milieu de la nature, permettent une expérience authentique.


Akumal devrait être estampée dans le credo des plongeurs à travers le monde. Ici, Dame Nature a travaillé avec brio : contrepoint des eaux translucides des Caraïbes et de rivières souterraines, il s’est créé un réseau de grottes souterraines, les Cenotes, qui plongent jusqu’à 150 m de profondeur. L’eau des pluies s’y accumule depuis des millénaires et crée des jeux de lumière et couleurs inoubliables. Ornées de stalagmites et stalactites rayonnantes, les grottes sillonnent tout le parterre de la région. J’ai plongé à beaucoup d’endroits dans le monde, mais jamais n’ai-je vu une eau aussi limpide ¬? visibilité atteignant 100 m ? et vécu de si belles expériences aquatiques. Pas besoin d’être certifié pour les grottes, les plongeurs récréatifs peuvent s’y adonner. Ajouter les Cenotes à son carnet de plongée, c’est retourner aux sources magiques de l’émerveillement et la félicité.

Tulum est un autre joyau de la Riviera Maya. Lieu idéal pour se dépayser et rompre avec le temps, les logements en cabanas, parfois à la lumière de bougies, sont très abordables. Au bord d’une falaise siègent les vestiges de temples mayas, qui ne sont pas les plus raffinés de la péninsule de Yucatan, mais leur emplacement de rêve met en valeur leurs somptueuses qualités architecturales. Les temples de fresques et de dieu, surplombant la plage tranquille, sont un must.


Le Mexique offre donc toutes sortes d’expériences : détente au soleil, aventures écologiques, découvertes archéologiques, etc. On peut même ajouter à la liste d’émotions fortes l’illumination spirituelle. Certains Occidentaux en périodes de questionnement ou de curiosité religieuse visitent le peuple des Huichols dans les régions montagneuses du Nord.

Les Huichols sont très connus pour l’art, l’habillement brodé et surtout pour l’usage sacré du peyotl, cactus hallucinogène provoquant visions et éclaircissement. Lors de cérémonies traditionnelles, les shamans guident les participants vers une quête spirituelle intense provoquée par le peyotl, révéré comme étant la « chair des Dieux » depuis des siècles.

Mystique, perçant et ésotérique, le Mexique d’aujourd’hui est tout aussi fascinant que son passé aussi secret que ténébreux…

Les mystérieuses civilisations du Mexique

On évalue à 25 millions le nombre d’Indiens vivant en Amérique au début du 16e siècle. Cent ans plus tard, il n’en restait que 2 millions, la mort venant de batailles ou l’introduction de maladies contagieuses des conquistadors espagnols. À lui seul, le génocide a soldé la quasi-disparition des peuples indigènes d’Amérique. Heureusement, les créations magnifiques de ceux-ci nous rappellent leur richesse, intelligence et perception unique de la vie.

Le Mexique a d’abord été peuplé par des Mongols, Sibériens et autres peuples asiatiques. Eh oui, entre 60 000 et 12 000 av. J.C., les habitants de l’Asie y ont migré en passant par le Détroit de Béring, qui relie l’Alaska et la Sibérie. Ce plan d’eau, qui s’étend sur 1000 km, était alors asséché et les nomades l’ont traversé en toute quiétude. Certains d’entre eux se sont installés au Québec et aux Etats-Unis.Les autres, voulant certainement échapper à nos hivers rigoureux, se sont tranquillement dirigés vers le Sud. Voilà comment se sont initialement peuplés les Amériques. Il est toujours frappant de voir les ressemblances physiques entre les Indigènes d’Amérique et certaines tribus d’Asie de l’Est.

Au Mexique, les deux premières civilisations furent les Olmèques et les Mayas. On sait très peu des Olmèques, sinon qu’ils ont vécu leur apogée entre 1500 et 400 av. J.C. et que leur capitale se situait à La Venta. Leur nom, qui signifie « Hommes de caoutchouc », leur a été prêté par les Aztèques, venus beaucoup plus tard. Peuple d’agriculture et d’expression artistique sobre mais méticuleuse, ils sont les premiers à travailler le jade et les sculptures colossales. Obsédés par le jaguar, ils édifient des structures grandioses en son honneur. Leur disparition en 200 après J.C. demeure une énigme.


Les Mayas

On peut dire qu’ils ont intellectualisé la civilisation mexicaine. Leur empire s’étendait des Etats-Unis jusqu’au Honduras. Il est étonnant d’apprendre qu’en 2006, il reste toujours plus de 2 millions de descendants de pure souche, appartenant au groupe linguistique maya.

Les Mayas sont apparus vers 2600 av.J.C. et connaissent leur apogée en 250. Brillants architectes et mathématiciens, ils maîtrisent l’astronomie et développent un calendrier étonnamment précis et une écriture hiéroglyphique unique mais déchiffrable. Les Mayas vivent en tribus isolées jusqu’en 300 av. J.C., quand une accélération de leur histoire s’enclenche (un peu comme celle de l’Occident en 2006…). Ils adoptent alors un système autoritaire et hiérarchique avec rois et nobles en tête, un changement couplé d’intenses activités architecturales et d’un fort accroissement de la population.

Leur plus grande ville se trouve à Tikal (Guatemala), qui compte plus de 60 000 habitants, ce qui dépasse la population de maintes villes européennes de l’époque. Au Mexique, les Mayas ont pignon sur rue un peu partout. À Tulum (située à 132 km de Cancun), on peut voir leur fort édifiée au bord de la mer. À Uxmal (nord de Yucatan), on retrouve un temple-pyramide traditionnel, structure de choix devenue le grand fleuron de la civilisation maya.

Pour les adeptes contemporains du tout-inclus, Chichen Itzá est un must. Il fut un temps où des centaines de structures décoraient les 10 km de ce site archéologique précieux. Aujourd’hui, les touristes peuvent se contenter d’une trentaine. Plaque tournante de religions et cérémonies, des milliers de jeunes femmes, enfants et personnes âgées ont été sacrifiés en offrandes aux dieux à Chichen Itzá, une ville finalement abandonnée par les Mayas en 1224.

Toute bonne chose tire à sa fin. Comme tous les grands empires, l’histoire maya est marquée par des cycles de grandeur et déchéance. Certaines villes fleurissent, connaissent un léger déclin puis sont remplacées par d‘autres. Dans cet univers instable, les Mayas n'ont pu faire face au destin qu'ils redoutaient tant. La guerre et les crises internes ont entraîné la décadence puis la chute de leurs cités. Au 12e siècle, les Mayas du Nord se sont intégrés à la société toltèque, un événement qui marque la fin de la dynastie. Et finalement, l’arrivée des conquistadors espagnols ont 16e siècle a cloué le cercueil de ce peuple magique.

Attention : Le calendrier maya stoppe mystérieusement
le 21 décembre 2012. Certains craignent l’apocalypse...


Les Aztèques

Contrairement à la croyance populaire, les Aztèques ne sont pas un peuple très ancien. En 1168, une troupe d’Indiens émigrés quittent la côte pacifique et, grâce à des guerres et unités matrimoniales, se multiplient de façon considérable. Quelque 200 ans plus tard, en 1345, ils ont fondé Tenochtitlan, qui repose exactement là où Mexico City repose aujourd’hui. Ville lacustre et avancée, Tenochtitlan comptait 300 000 habitants vivant avec un système d’eau potable, de bateaux déchets et d’illumination curieusement organisé.

Tout comme leur semblable maya, les Aztèques étaient brillants, bien en avance de leur temps. Leurs connaissances en matière de chirurgie, cuisine et éducation laissèrent plusieurs Occidentaux bouche bée. Bien qu’avancés au plan intellectuel, les Aztèques ne tarissaient pas sur les actes barbares. En plein cœur de Tenochtitlan, la pyramide de Huitzilopochtli était l’hôte de sacrifices sanglants où des cœurs humains étaient arrachés de victimes vivantes pour être offerts aux dieux. Qui eût cru qu’Indiana Jones était si précis historiquement ?

Très vite, l’empire aztèque étend ses tentacules partout en Amérique Centrale pour couvrir plus de 150 000 km2. Ils contrôlent ainsi toute la vallée centrale du Mexique. Quand Moctezuma II accède au pouvoir en 1502, l’empire aztèque se retrouve à son apogée. Mais son déclin débute presque simultanément…

Le 18 février 1519, un capitaine espagnol dénommé Hernan Cortés et sa flotte foulent le sol mexicain. Moctezuma II ne s’occupe pas beaucoup des guerres, et il s’est cru confronté à l’ancien dieu-roi toltèque Topiltzin, dont le retour imminent était annoncé par des prophéties. Des êtres blancs, étranges, qui montaient à cheval (animal ni vu ni connu pour eux à l’époque), avaient tout du caractère surnaturel des dieux. Cortés, belliqueux de nature, comprit rapidement qu’il pouvait prendre avantage de cette attitude docile…

Résultats : Moctezuma II fait l’allégeance à Cortés le 8 novembre 1519. Il sera emprisonné et tué peu longtemps après. Sa croyance dure comme fer aux prophéties religieuses est ultimement ce qui a mené à l’effondrement d’une civilisation dont l’ascension fulgurante avait été si rapide et absolue. Tenochtitlán connaît sa chute le 13 août 1521, entraînant la fin d’une dynastie et l’écroulement du puissant empire aztèque.

Dès que Cortés a accosté le rivage mexicain avec ses 550 hommes, il a changé à jamais l’histoire de la planète. On entend bien souvent parler de Christophe Colomb et Jacques Cartier, mais c’est ce conquistador qui a entamé la colonisation la plus sanglante de l’humanité. Nous connaissons tous l’histoire de l’Holocauste et ses 6 millions de victimes, mais nos livres d’histoire omettent bien souvent de mentionner le plus grand génocide de l’histoire, celui des civilisations précolombiennes d’Amérique.


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