Cuba : Au-delà du rhum, des plages et des tout-inclus
Par: Sharif Mirshak



À l’entrée du Golfe du Mexique (seulement 140 km au sud de la Floride) flotte la plus grande île des CaraÏbes. « Perle des Antilles », Cuba propose un corps principal en forme de crocodile et plus de 4000 îles et îlots, parsemés dans la mer des CaraÏbes.

Le tourisme est de loin le meilleur gagne-pain du pays, dépassant le milliard en retombées économiques par année. Faut-il s’en surprendre ? Avec plus de 300 plages de sable blanc fin comme farine, des eaux cristallines de réputation internationale, une panoplie d’activités plein air et son rhum inimitable, Cuba charme annuellement plus de 200 000 visiteurs canadiens, la plupart des québécois. On s’attendait bien à ce qu’ils élisent l’île de Fidel au sommet du palmarès de rêve de BonjourVoyage.com.

Climat : Subtropical modéré avec une température moyenne de 25°. La saison sèche est en hiver et les pluies abondent de juin à octobre. Généralement, il fait chaud toute l'année mais le ciel est plus limpide en hiver (décembre à avril) et la chaleur moins accablante.

Monnaie : Peso cubano ( 1 $ CAN = 18 pesos cubains).
Attention, les dollars US ne sont plus acceptés sur l'île.


Langue : Espagnol, l’accent cubain mange les « r »

Capitale : La Havane

Superficie totale : 110 860 km2 (Montréal a 540 km2)

Population : 12 millions d’habitants : 51% métis, 37% blanc, 11% noir.

Distance de Mtl : 2613 km (4 heures de vol)

    
Le litige persiste toujours...

Pourquoi les Américains détiennent-ils une base militaire à Guantánamo Bay, malgré l’embargo ?
En 1898, les Américains ont envahi la base et ont obtenu un bail à perpétuité en 1903, grâce à un citoyen américain, Tomas Estrada Palma, devenu le premier président de Cuba. Les Américains paient toujours 4085 $ de loyer à chaque année pour rester à Guantánamo Bay. Évidemment, Fidel Castro n’apprécie pas du tout la présence américaine sur ce territoire de 121 km2, donc il n’a pas encaissé ses chèques depuis 1959. Guantánamo possède d’ailleurs le seul McDonald’s à Cuba depuis 1986. Il n’est pas accessible aux Cubains…

Les Américains peuvent-ils visiter Cuba ?
Oui, mais ils ont besoin de permission spéciale du gouvernement américain. On estime à 80 000 le nombre de touristes américains qui visitent Cuba annuellement, incluant 3000 visiteurs d’affaires. La plupart d’entre eux le font illégalement, souvent sans aucune sanction. Pourtant, selon la loi, ils pourraient payer 250 000 $ d’amende et passer 10 derrière les barreaux.
Pourquoi l’embargo américain contre Cuba?
L’embargo économique et commercial règne depuis le 7 février 1962, ce qui en fait un des plus longs de l’ère moderne. Cuba est d’abord une colonie espagnole jusqu’en 1898, quand elle a été cédée aux Etats-Unis. Son indépendance vient peu après, en 1902, et les liens commerciaux américaines/cubains persistent jusqu’en 1960. Mais quand la tension atteint son sommet avec la Baie des Cochons et la crise des missiles, John F. Kennedy impose un embargo commercial et d’importantes restrictions aux voyages vers Cuba. Tout ceci explique pourquoi on retrouve très peu d’autos à La Havane, sinon des vieilles voitures pré-révolutionnaires des années 50.

On oublie parfois que Cuba compte la faune et la flore les plus diversifiées des Antilles. Le parc naturel de Montemar abrite des crocodiles, le parc national de Sierra Maestra offre le territoire le plus sauvage de Cuba et la réserve écologique de Pinar el Rio est magnifique, sculptée par les montagnes Guaniguanico où les huttes de séchage du tabac poussent comme des champignons. Sur l’île de la Juventud, le joyau des Cubains, vous apercevrez un sanctuaire de tortues, d’iguanes et de pélicans.

La population de Cuba est visiblement fort bigarrée. On distingue généralement trois types d’habitants : les habitants de souche aborigène, presque éradiqués après les premières colonisations espagnoles, les Blancs, descendants des Européens et les Noirs, dont les ancêtres sont venus de part et d’autre d’Afrique, esclaves dans les champs de canne à sucre (toujours reine des exportations). Le métissage représente 50% de la population, et rien ne reflète autant l’harmonie et la diversité culturelle du pays que la musique. Ah la musique… La multitude des genres musicaux typiquement cubains donne le tournis : cucaracha, habanera, mambo, comparsa, etc. Tous font partie de la vie quotidienne électrisante des Cubains.

On retrouve trois classes sociales prédominantes :

1- Cadres dirigeants du gouvernement et de la nomenklatura

Ils jouissent d’un style de vie aisé, fourni par Fidel Castro : belles voitures, maisons luxueuses, accès aux hôtels de luxe, soins et services d’État, ainsi que le droit d’achat dans des boutiques réservées strictement aux touristes.

2- Résidants et visiteurs étrangers (expatriés et diplomates)
Avec des infrastructures et un transport en commun réservés à eux, ils ont accès à de grandes surfaces et des hôpitaux à la fine pointe de la technologie et ce, en toute sécurité.

3- Les citoyens cubains
On ne peut se le cacher : ils ont la vie dure. La nourriture est rationnée : l’État alloue chaque mois 2,5 kg de riz, 2 kg de sucre, 500 ml d’huile, etc., sous forme de tickets d’alimentation. Même chose pour les vêtements et l’ensemble des articles personnels. En outre, les heures de travail sont longues et ardues et le salaire moyen mensuel se situe autour de 15 $.

Malgré ses quelques coquilles socio-politiques, Cuba demeure la perle des Québécois en matière de voyage. Même l'imaginaire de Christophe Colomb était hanté par la beauté des plages édéniques et paysages inouïs. En 1492, il décrit Cuba comme suit dans un de ses nombreux carnets de voyages :

«Je n'ai jamais vu de plus beau pays, des feuilles de palmier si grandes qu'elles servent de toit aux maisons, sur la plage, des milliers de coquillages, une eau si limpide et toujours la même symphonie étourdissante des chants d'oiseaux.»

Cuba reste encore aujourd’hui cette île merveilleuse, riche de paysages merveilleux, de plages idylliques et de terres fertiles. Mystérieuse et insaisissable, Cuba, son histoire mouvementée, ponctuée d’esclavage, de guerres et d’immigration de partout ont façonné la bonté, la chaleur et les couleurs si caractéristiques du peuple cubain. Les imposantes montagnes couvertes par une flore tropicale si diversifiée, refuge des mambises et cimarrones, les esclaves noirs qui y ont à pris fuite, tous ces facettes uniques donnent aux Cubains leur caractère rebelle, un aimant révolutionnaire dont les habitants ont usé pour s'emparer une fois pour toutes des destinées de leur l'île charmante et rocambolesque.

Les villes principales

La Havane

Visiter La Havane est un must. Fondée en 1514, elle incarne tout ce qui est cubain et dévoile l’âme du pays.
Très longtpems le fleuron des colonies espagnoles, La Havane a été un port de mer, centre commercial et marché important d’esclaves africains, vendus impitoyablement aux marchands d’Amérique Centrale. Cette effervescence commerciale a bien sûr attiré bon nombre de pirates qui ont attaqué la capitale à maintes et maintes reprises. La Havane a donc été la pierre angulaire de toutes les guerres et rebondissements historiques jusqu’à la révolution cubaine en 1959. Au début du 20e siècle, La Havane était le Monte-Carlo des CaraÏbes, regorgeant de casinos, cabarets et nightclubs. Gangsters et mafiosi américains affluaient dans la ville contrôlée indirectement par Washington. L’arrivée au pouvoir de Fidel Castro et l’implantation du socialisme a décidément chaviré ce goût pour le charmant American way… Ce passé mouvementé a laissé derrière un héritage culturel très particulier.

La Havane regroupe aujourd’hui deux secteurs principaux: La Habana Vieja (vieille La Havane), classée par UNESCO, et La Habana Moderna (La Havane moderne), les deux sont aussi animés et attirants pour les visiteurs. Symphonie de bruits, de rythmes, de couleurs et de danses, les battements africains y fusionnent avec des rythmes espagnols. Loin du chaos et de la cacophonie, on y découvre une osmose unique des différentes cultures. Des centaines de jeunes vendeurs arpentent les rues en proposant les fameux cigares cubains, cirent les chaussures et aiguisent leurs couteaux... Remplie de chaleurs et couleurs, la place grouille d’action et les ravissantes statues et fontaines de la Plaza de Amas sont à couper le souffle. Ne manquez pas votre chance de goûter au vrai daiquiri pour quelques poussières.
On voit très souvent de belles cartes postales de villes tropicales. Elles ont souvent l’air pareilles, sans cachet et charme distinctifs. C’est justement pourquoi La Havane se démarque. Mystérieuse et pleine de profondeur et caractère, La Havane est reine de la séduction. Si vous restez dans un tout-inclus à Cayo Coco ou Varadero, tâchez de faire un tour à La Havane. C’est une expérience à ne pas manquer.




Santiago De Cuba

Deuxième ville en importance, Santiago est située à l’extrémité Sud de l’île, tout près de la base navale américaine de Guantánamo Bay. Elle se trouve entre les hauts sommets de Sierra Maestra et la mer. Sur Grand Piedra, montagne de 1200m, vous trouverez d’excellentes pistes de randonnées et de magnifiques plages au flanc de la montagne, près de Siboney. La mer des Caraibes y caressent de magnifiques plages peu achalandées.

Éclectique, aux couleurs pastels et designs art déco, le centre-ville de Santiago jouit de soleil le midi et de rythmes endiablées jusqu’aux petites heures du matin, ce qui en fait la capitale afrocubaine du pays. L’attraction principale ici, c’est le son et la base rythmique. Ainsi, Santiago se targue d’être la plus exotique et typique du pays.



Varadero

Hôte de centaines de milliers de touristes chaque année, Varadero figure parmi les 10 plages les plus célèbres au monde. Capitale du tourisme, la plage s’étire sur 18 km de sable et les eaux calmes et transparentes hypnotisent les touristes avec d’incalculables teintes, en passant par le vert turquoise jusqu’au bleu foncé. La mer est toujours chaude ici et la température oscille constamment autour de 25°.

Une promenade tranquille le long de l'Avenida Primera s’avère la meilleure façon de visiter Varadero, tôt le matin, en fin d'après-midi ou par une journée nuageuse, question d'échapper aux «rigueurs» du soleil. Pour retourner, vous pouvez emprunter l'Avenida Playa, qui borde la mer sur la côte nord de la station balnéaire.

Sur la plage, les activités possibles sont quasi infinies : sports nautiques, location de bateaux, surf, kayak, ski nautique, hélicoptère, parachute ascensionnel, golf, exploration des les îlots (dont plusieurs totalement vierges), plongée sous-marine, pêche de diverses poissons, tels langouste, crevette, crabes, etc. Le parcours de golf de Varadero est un 18 trous, niveau championnat du monde, truffé de fairways qui bordent l'océan. Tentez l’expérience pour 70 $ US.


Conseils pratiques

- Évitez des ramener un(e) Cubain(e) à votre chambre. C’est formellement interdit.

- Transport : Évitez les autobus, bondés et peu fréquents. Optez plutôt pour les cars modernes réservés aux touristes. Les tarifs de location de voitures sont élevés, mais les stations d’essence sont rares.

- Bouffe : Ce n’est pas la grande gastronomie… Peu épicés, les repas consistent surtout de riz et de poulet. Les fruits et légumes, bien que très présents sur l’île, sont peu exploités.

- Boisson : Le grand luxe, l’explosion des saveurs : les Daiquiri chez El Floridita à la Havane et chez Mojito à la Boguedita del Medio enchanteront vos papilles gustatives, comme ils l’ont fait jadis pour Ernest Hemingway. Les bières locales sont Cristal (4,9%), Mayabe (6%) et Hatuey (4,5%). L’eau du robinet n’est pas potable, donc à éviter.

- Cigares : N’achetez pas de cigares de n’importe qui dans la rue. Les escrocs sont légion… Pour tout savoir sur les cigares et les meilleurs torcedores : http://www.cigarspirit.com/