Par: Stéphanie Decelles

Cette semaine, BonjourVoyage.com poursuit son exploration des 10 destinations préférées des Québécois avec la Martinique, pays des fleurs et des volcans.

« C’est la meilleure, la plus fertile, la plus douce, la plus égale, la plus charmante contrée qu'il y ait au monde », s’exclama Christophe Colomb lorsque ses yeux se posèrent pour la première fois sur ce qui allait devenir la Martinique. Des siècles plus tard, de nombreux touristes –dont les Québécois-, tombent toujours sous le charme de «l’île aux fleurs».



Montagne PeleeSituée à plus de 400 km du continent américain, en plein cœur des Caraïbes, la Martinique fait partie des Petites Antilles. Baigné d’un côté par la mer des Caraïbes et de l’autre par l’océan Atlantique, ce département français ne fait pas plus de 80 km de long par 39 km de large.

Dans la partie Nord de l’Île, la nature a raison sur l’homme : c’est la région la plus montagneuse. Le volcan de la Montagne Pelée y culmine à près de 1400 mètres. L’intense forêt tropicale qui recouvre les montagnes cache rivières et cascades qui jaillissent jusque sur les plages de sable noir.
C’est sans doute la partie sud de l’île qui charme les touristes puisque ses petites baies et îlots, plages de sable blanc et cocotiers s’y trouvent à profusion.
L’île jouit d’un climat tropical où la température se maintient entre les 25 à 35 degrés celcius. Le taux d’humidité -80 %-, y est toutefois très élevé.

Capitale: Fort-de-France
Population: plus de 380 000
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: créole martiniquais (96 %)
Groupes minoritaires: français (4%) et créoles guadeloupéen, haïtien, guyanais, réunionnais, etc.


Aperçu historique

La Martinique était à l’origine peuplée des pacifiques indiens Arawaks puis, plus tard, par les Caraïbes qui disséminèrent la première tribu. Christophe Colomb remarqua l’île pour la première fois en 1493, sans toutefois oser s’en approcher en raison des « sauvages » inquiétant qui se trouvaient sur la plage. C’est finalement en juin 1502 que le célèbre voyageur se décide à y jeter l’ancre. L’effet est immédiat : il tombe immédiatement sous le charme de l’île.
Malgré tout, ce n’est qu’un siècle plus tard que l’île suscite réellement l’attention des grandes puissances de l’époque. Les Espagnols commencent à peupler la Martinique, faisant venir de l’Afrique, des navires chargés d’esclaves. En 1635, la France prend possession de l’île, mais l’Angleterre lui dispute son droit de souveraineté si bien que l’île passe régulièrement d’une emprise à l’autre. C’est finalement en 1814 que la Martinique est définitivement cédée à la France.

La force d’un volcan

La montagne Pelée doit son nom à un groupe de colons qui, la première fois qu’ils l’aperçurent, ne virent que ses flancs désolés recouverts de lave durcie causé par une précédente éruption. Si le volcan est aujourd’hui étroitement surveillé par les autorités locales, les éruptions ont autrefois durement marquées la vie autrement paisible des Martiniquais. Le 8 mai 1902, la montagne Pelée entrait en éruption, crachant sur les 28 000 habitants de Saint-Pierre et du Prêcheur, des nuées de laves et de cendres. D’autres éruptions ont ébranlé la petite communauté, de façon plus modeste, de 1929 à 1932.
Ruines de St-PierreAujourd’hui l’ascension du volcan est très populaire auprès des touristes et ne demande pas de préparation spéciale, sinon d’être relativement bien en forme physique puisqu’il faut allouer de quatre à cinq heures pour atteindre le sommet. On emprunte habituellement le sentier situé derrière l’Auberge de la Montagne –d’autres chemins sont aussi possibles-, puis on suit le sentier balisé. Celui-ci mène d’abord le randonneur sur l’Aileron, qui culmine à 1108 mètres, puis sur le plateau des Palmistes où il faut contourner un premier cratère volcanique. Enfin, la dernière étape amène le marcheur au cratère à l’origine de l’éruption de 1902. La vue au sommet vaut grandement l’effort de l’ascension!

Fort-de-France :

La destruction de Saint-Pierre catapulte Fort-de-France –aujourd’hui la capitale-, au rang de première ville en importance. Près d’un quart de la population, soit plus de 100 000 personnes y habitent. On y retrouve l’aéroport et un important port où les navires de croisières viennent régulièrement mouiller. La ville offre aux visiteurs émerveillés de nombreux marchés colorés et très achalandés, dont les marchés aux épices et aux poissons. Sur ces étals bigarrés se trouvent une multitude de victuailles et d’objets artistiques–poissons de toutes sortes, fruits tropicaux, gerbes de fleurs multicolores, qui attirent l’œil des passants.
Certains édifices de Fort-de-France présentent une façade peinte en trompe-l’œil ; saurez-vous en apprécier tous les détails ? C’est également à Fort-de-France qu’on retrouve le Fort Saint-Louis et ses remparts.
Trois Ilets :

De sa presqu’île, la charmante commune des Trois-Îlets, la seconde en importance, offre une vue imprenable sur la Baie de Fort-de-France. De nombreux monuments historiques habillent ses rues, dont l’église Notre-Dame de la Délivrance, qui mérite le coup d’œil. Mais l’on retient également son parcours de golf de 18 trous –dont on dit qu’il est l’un des plus beaux au monde-, qui s’étend sur 63 hectares. C’est également à Trois Ilets qu’il est possible de visiter la maison natale de l’impératrice Joséphine -épouse de Napoléon Bonaparte-, et transformée en musée.
Tout près de la ville, s’étend la Pointe-du-Bout, station balnéaire par excellence. Ce petit hameau abrite la plupart des grands hôtels. De sa plage de l’Anse Mitan, les voyageurs peuvent aisément s’embarquer sur un bateau-navette qui les conduits en seulement 20 minutes à Fort-de-France. Enfin, on propose la visite de la Maison de la Canne, qui relate l’histoire des grandes distilleries de l’île.

Terre et mer

Deux raisons font que les touristes choisissent la Martinique pour y passer leurs vacances : d’abord parce que les paysages sont dignes des plus belles cartes postales, et ensuite pour les nombreuses activités de plein-air qu’on y pratique –surtout dans la partie nord et est. La Martinique offre aux randonneurs quelque 22 000 hectares de forêts sillonnés de 31 sentiers balisés, soit 130 km de jungle tropicale où poussent bambous géants, gommiers, lianes rampantes, fougères et fleurs de toutes les couleurs. On y pratique également la randonnée équestre, les promenades en véhicule tout-terrain ou en 4 X 4 et le canyoning. Il ne faut surtout pas manquer l’excursion en bateau –organisée à partir du village- jusqu’au Diamant, avec ses 3 km de sable blanc et son impressionnant rocher. Si ce dernier n’est aujourd’hui habité que par des hordes d’oiseaux, il n’en fut pas toujours le cas. En 1803, le rocher de pierre de 176 mètres de haut dont la forme ressemble à celle d’un diamant a abrité les garnisons britanniques !
Comme ses voisines, la Martinique offre aussi toute une gamme de sports nautiques, allant du surf - ne manquez pas la baie de Tartane-, à la plongée sous-marine. En plus des dizaines de sortes de poissons tropicaux, le plongeur aura la chance de découvrir des épaves cachées au fond de la baie. Balayées par de forts vents, les côtes de la Martinique sont le paradis des amateurs de voiles de toutes sortes. Les principaux centres nautiques sont situés au sud (Port du Marin) et à l’Ouest (Anse Mitan/Pointe), près de la baie de Fort-de-France.

À ne pas manquer :
Musée BananeMusée du RhumC’est à Sainte-Marie, petit village agricole, que l’on retrouve deux des plus intéressants musées de l’île, soit le musée du Rhum St-James et le musée de la banane. Consacré à la plus célèbre boisson de l’île, le premier musée est judicieusement situé à l’intérieur d’une distillerie toujours en action. Le second musée, également situé sur une vraie plantation, fait découvrir aux visiteurs l’histoire du fruit, ses différentes variétés ainsi que les techniques propres à sa culture.
Le musée vulcanologique, situé à Saint-Pierre, est également un incontournable. À l’aide d’objets, de photos et de récits, les visiteurs apprennent tous les détails de la catastrophe qui a complètement détruit la ville un siècle plus tôt.