Son
seul nom évoque la mer, le soleil et les chauds accents
reggae, mais derrière ces charmants attraits, la troisième
plus importante île des caraïbes renferme une richesse
naturelle et culturelle qui va bien au-delà de l’incarnation
de l’île paradisiaque.
Xamayca, dans la langue des indiens Arawaks,
les touts premiers habitants de la Jamaïque, signifie le
«pays du bois et de l’eau». Encore aujourd’hui,
l’île porte bien son nom :
la
grande majorité du pays a bien peu changé depuis
le séjour forcé de Christophe Colomb et bon nombre
de lieux demeurent intouchés.
Située au cœur de la
mer des Antilles, à quelque 150 km au sud de Cuba, la
Jamaïque éblouie avec ses 350 km de plages dont
certaines sont reconnues comme les plus belles des caraïbes.
Ce n’est donc pas étonnant que l’île
se retrouve au palmarès des destinations soleil favorites
des québécois!
Capitale: Kingston
Population: 2,6 millions
Langue officielle: anglais
Autre langue: créole jamaïcain
Système politique: monarchie constitutionnelle,
membre du Commonwealth britannique |
Pourtant, le nombre de touristes canadiens
visitant le pays est en perte de vitesse contrairement à
Cuba ou à la République Dominicaine. Seulement
100 000 voyageurs canadiens franchissent la frontière
chaque année sur un total de 2 millions de touristes
par an. Première source de revenu au pays, le tourisme
génère des retombés de plus d’un
milliard $ par an.
Le
cœur de cette immense île (240 km de long par 80
km de large) est parcouru de montagnes, dont la plus haute,
la Blue Mountain Peak à l’Est, culmine à
2250 mètres d’altitude. Elle doit son nom au nuage
de brume bleu qui l’enveloppe. Les randonneurs apprécient
grandement les nombreux sentiers qui courent le long de ses
versants quoique ceux-ci s’adressent aux aventuriers en
excellente forme physique puisque la montée, d’une
durée de quatre heures, est éprouvante. Mais l’effort
en vaut grandement la peine puisque c’est de son sommet
que l’on a la plus belle vue de la Jamaïque. Plusieurs
agences organisent diverses randonnées dans le parc national
Blue Mountains en partance de Mavis Bank a environ une heure
de route de Kingston.
Des
centaines de ruisseaux, certains souterrains, puisent leur source
dans les montagnes et dévalent vers la mer. Les deux
plus importantes rivières de l’île, le Rio
Grande et la Great River serpentent quant à elles à
travers une épaisse forêt de bambous géants.
L’une des plus populaires activités chez les touristes
consiste à descendre ces rivières à bord
de radeaux de bois ou des embarcations de type « rafting
». Certaines rivières abritent le carnivore le
plus dangereux du pays : le crocodile.
Aux pieds des montagnes, s’étendent les champs
de canne à sucre et les plantations de bananiers où
travaillent toujours plusieurs jamaïcains.
Une faune et une
végétation luxuriante
La
grande majorité de l’Île est composé
de forêts tropicales luxuriantes qui offrent un habitat
de choix aux quelque 250 espèces d’oiseaux qui
s’y abritent, dont le minuscule colibri Hélène
- le plus petit oiseau de l’île-, ou le John Crow,
sorte de buse souvent aperçue tournoyant dans le ciel.
Les conquérants successifs de la Jamaïque ont importé
sur l’île des dizaines de plantes, contribuant à
créer une flore sauvage ou règne un mélange
d’espèces indigènes et exotiques. Les Jamaïcains
affirment humblement que leur île est si fertile que «même
les poteaux y poussent». Plus de 500 espèces de
fougères et quelque 200 familles d’orchidées
garnissent l’île et des palmiers royaux, propres
à la Jamaïque, disputent le terrain aux cocotiers
importés des Indes.
À l’autre extrémité de l’île,
on retrouve les collines de calcaire boisées du Cockpit
Country où se cachaient à l’époque
les Maroons - ces esclaves qui avaient fuient leurs pénibles
conditions; ils sont plus tard devenus le symbole de la résistance
jamaïcaine-. Les collines aux contours insolites ont conservé
leur état sauvage et inhospitalier de l’époque
où les troupes britanniques n’osaient pas s’y
aventurer. Encore aujourd’hui, on ne les explore qu’à
pied.
Avec un tel relief, les jamaïcains
n’ont eu d’autres choix que de s’installer
sur les étroites bandes côtières de l’île.
Les 2/3 des 2,6 millions d’habitants résident dans
la capitale, Kingston, à l’Est. Au Nord, là
où les plages ont le sable le plus fin, les stations
balnéaires poussent comme des champignons.
Un passé
tumultueux
Jadis habitée par les pacifiques Arawaks, la Jamaïque
a été découverte par Christophe Colomb
à la fin du 15e siècle. La population indigène,
transformée en esclave, est rapidement décimé
par les maladies apportées par les blancs et leurs mauvais
traitements. Pour augmenter la main-d’eouvre qui s’amenuise,
on fait venir des centaines de milliers d’esclaves noirs
d’Afrique pour travailler sur les plantations de café
et de cannes à sucre.
Plus d’un siècle plus tard, en 1670, l’île
est officiellement cédée aux mains des Anglais.
La Jamaïque, qui compte désormais à peine
3000 habitants, devient un repère de pirates. Les corsaires
élisent la mythique ville de Port Royal comme port d’attache.
Du moins jusqu’à ce que les garnisons britanniques
s’y installent à leur tour.
Si l’esclavage est finalement abolit dans les années
1830, les tensions sociales qui perturbent le pays ne disparaissent
pas pour autant. Les problèmes économiques et
sociaux persistent et, en 1938, de violents soulèvements
ébranlent la paisible île. La Jamaïque devient
un état indépendant en 1952.
Aujourd’hui, si la plupart des habitants puisent leur
racine en Afrique (95 % de la population descend d’esclaves
noirs africains) plusieurs comptent aussi des ancêtres
britanniques, indiens, libanais et chinois.
Les Rastafaris
Reconnaissables
à leurs longs cheveux tressés emprisonnés
sous des bonnets de laines aux couleurs vives – noir,
rouge, vert et or - mais surtout symboliques, les rastafaris
sont pratiquement aussi connus que les plages de sable blanc.
Ce mouvement religieux totalement pacifique, prônant le
retour aux racines africaines et le respect de la nature, tient
son nom d’un empereur éthiopien du début
du siècle dernier. Les rastafaris considèrent
ce dernier comme leur messie et l’Éthiopie comme
la Terre sacrée où ils doivent retourner.
Le reggae et Bob
Marley
La
Jamaïque est la mère patrie du reggae et de son
célèbre chanteur Bob Marley. Le reggae puise d’abord
ses racines en Afrique. Dans les années 50, les Jamaïcains
développent le ska après le déferlement
de la musique Jazz et rhythm and blues. Le reggae, un rythme
beaucoup plus lent est ensuite issu du ska.
En Jamaïque, les liens entre le reggae et les rastafaris
sont étroits : les textes des chansons sont souvent à
caractère politique, religieux ou sociaux. On chante
la lutte de pouvoir des Blancs et revendique plus de justice
pour les Noirs.
Le chanteur Bob Marley (1945-1981) est une figure mythique du
reggae. Ayant grandit dans les ghettos pauvres de Kingston,
il se lie d’amitié avec d’autre passionnés
de musique : ils formeront plus tard le groupe The Wailers.
La musique de Bob Marley connaîtra un succès fulgurant.
Il devient le «porte-parole» de l’Afrique
noire qui se retrouve dans ses chansons. En 1978, il reçoit
la médaille de la Paix dans le Tiers-Monde. Il mourra
d’un cancer de la peau en 1981.
La capitale
Kingston,
la capitale, est la plus grande ville anglophone des Caraïbes.
D’avantage visité par les touristes d’affaires
ou ceux désirant découvrir le côté
culturel de l’île, elle est un peu boudée
des touristes qui y préfèrent les tout-inclus
des stations balnéaires. Comme la majorité des
grandes villes cosmopolites, Kingston n’échappe
pas à la pauvreté et à la violence même
si, règle générale, les Jamaïcains
ne s’en prennent pas aux touristes.
La ville a été fondée en 1692 après
qu’un tremblement de terre eut dévasté Port
Royal, le repaire de pirates.
Cœur culturel de l’île, Kingston propose une
multitude de musées - dont l’incontournable musée
Bob Marley installé dans les studios ou la star a enregistré
ses hits-, de galeries d’art et de théâtres,
d’innombrables marchés en plein-air, et de boîtes
de nuit au rythme animé.
Pour ceux qui désirent vraiment comprendre les jamaïcains,
l’office du tourisme propose l’activité Meet
the people (rencontrez les gens) ou vous pouvez passer une journée
complète dans l’une des 1000 familles à
s’être porté volontaire.
De nombreux édifices valent aussi le détour, tel
Devon House, l’un des plus beaux édifices du pays.
L’immense résidence a été construite
en 1881 pour le premier millionnaire noir jamaïcain. Elle
sert aujourd’hui de galerie d’art et de restaurant.
Montego Bay
Capitale
touristique incontournable, Montego Bay est le point de chute
de la plus part des touristes. Située au nord-ouest de
l’île, la « ville amicale » tel que
l’ont surnommés ses habitants, est bordée
de 11 km de sable d’un blanc pur. C’est en août
que l’animation atteint son apogée, alors que le
festival de musique Raggae Sunsplash s’empare de la ville
pendant six jours et six nuits.
Pendant toute l’année, on y retrouve toute une
panoplie d’activités, allant du shopping à
la plongée sous-marine en passant par le ski nautique
et les promenades en bateau au fond de verre.
Les autres villes qui longent la côte
nord à l’Est de Montego Bay méritent aussi
le détour. La spectaculaire plage d’Ocho Rios,
par exemple, niché au cœur de la ville, est l’une
des plus belles plages de la Jamaïque. C’est aussi
dans cette ville, escale d’ailleurs fort prisée
des croisiéristes, que l’on retrouve les plus célèbres
cascades du pays.
Port-Royal
Aujourd’hui
un paisible port de pêcheurs où les pirogues flottent
au gré des vagues, presque rien ne subsiste de l’époque
où la Port-Royal baignait dans la luxure. «Babylone
de l’Ouest», «City of Gold» ou «
ville la plus barbare des Caraïbes » : peu importe
les noms –officiels ou non- qu’elle a connu au fil
des siècles, la ville aujourd’hui pratiquement
détruite fait encore partie du mythe. C’est qu’elle
a autrefois abrité à la fois les garnisons britanniques
et les redoutables équipages de pirates. La ville mythique
a été complètement détruite en 1692
par un tremblement de terre. On raconte encore aujourd’hui
que la cloche de l’église, avalée par les
immenses vagues, fait toujours entendre son carillon dans le
ressac des vagues.
Les survivants ont reconstruit, mais le sort s’est acharné
sur eux : 11 ans plus tard, le feu détruisait la ville
à nouveau. Les résidents ont alors décidé
relocaliser la ville qu’ils ont baptisé Kingston.
S’il ne reste que peu de trace du légendaire passage
des écumeurs des mers, dont celle du célèbre
Barbe-Noir (il finit ses jours sur la potence), l’armée
britannique a toutefois habité les lieux jusqu’en
1905 et il reste donc de nombreux vestiges coloniaux et bâtiments
transformés en musées à visiter. Son archipel
d’îlots coralliens est un pur appel à la
plongée en apnée.
Conseils
Les risques dépendent des endroits fréquentés.
Si la criminalité est relativement importante en Jamaïque,
surtout dans certains quartiers de Kingston (Trench Town et
Tivoli Gardens, par exemple), il est assez rare que des touristes
en soient victimes. Évidement, il n’y a aucun risque
à l’intérieur des stations balnéaires.
À l’extérieur de ces murs, abstenez-vous
de vous promener dans les rues ou sur les plages désertes
seul la nuit, évitez les trafiquants de drogues (même
si la ganja locale, la marijuana, est très populaire)
et les quartiers malfamés. Si vous louez un véhicule
pour vos déplacements, sachez qu’on roule à
gauche, que les routes ne sont pas toutes en très bon
état et que la conduite des jamaïcains peut vous
paraître… «surprenante».