Par: Stéphanie Decelles

Les îles des Caraïbes sont décidemment privilégiées par les Québécois : cette semaine encore, BonjourVoyage vous fait découvrir l’un des archipels qui se trouve au sud du Tropique du Cancer : Turks et Caicos ou tout simplement les îles Turquoises.



Les îles Turks et Caicos forment un archipel regroupant une quarantaine d’îles et d’îlots dont seulement huit sont habités : Grand Turk, Providenciales, Salt Cay, South Caïcos, Middle Caïcos, North Caïcos, Parrot Cay et Pine Cay.
L’archipel est situé à près de 1000 km de Miami, à l’Est de Cuba et au Nord d’Hispanola. Ses voisins immédiats sont les Bahamas. Les îles sont réputées pour leurs magnifiques récifs de coraux - qui se classent troisième au monde en importance-, leurs plages de sable fin et leur mer turquoise translucide.

Un profond passage sépare les îles Turks (à l’Est) des îles Caîcos (à l’Ouest). La population de toutes les îles réunies tourne autour des 25 000 habitants et l’économie est basée sur le tourisme. 80 % d’entre eux habitent sur Providenciales et plus de la moitié des résidants sont des immigrants. Les îles possèdent un relief plutôt plat, qui varie des arides dunes de sables aux abondantes végétations vertes.

La majorité des îles ne sont situées qu’à quelques minutes de vol de Providenciales et la plupart peuvent aussi être atteintes par bateau ou par traversier. Les compagnies aériennes desservent régulièrement Providenciales, Grand Turk, Middle Caicos, North Caicos, South Caicos et Salt Cay.


Un peu d’histoire

Ce sont les pacifiques indiens Arawaks qui ont d’abord peuplé l’archipel. Disparus, ils ont été remplacés par une autre tribu, les « Lucayans », qui ont à leur tour été disséminés par les mauvais traitements et les maladies apportées par les Espagnols au 16e siècle. Le siècle suivant voit arriver dans les îles les premiers colons bermudiens qui s’établissent sur Grand Turk, Salt Cay et South Caicos.
L’archipel est tour à tour passé aux mains des Espagnols, des Français et des anglais avant de faire partie des colonies Bermudiennes. Elle est par la suite annexée à la Jamaïque jusqu’à l’indépendance de cette dernière, en 1962. Turks et Caicos se rapprochent ensuite des Bahamas, puis redeviennent finalement une colonie britannique.


Îles importantes

Providenciales

Providenciales est l’île la plus connue et la plus développée de tout l’archipel. Elle est bordée de magnifiques plages de sable blanc et d’une mer turquoise. L’Ouest de l’île abrite toutes les commodités d’une grande ville : supermarchés et hôtels, de même qu’un casino et un club de golf. Malgré tout, Providenciales est loin du tourbillon des grandes métropoles -elle ne compte que 6000 habitants, après tout! – et demeure l’une des destinations privilégiées pour oublier son stress quotidien.
Providenciales possède la plus grande proportion de résidents étrangers : Haïtiens, Dominicains, Français, Canadiens, Allemands et Américains y ont élu domicile.
Les plus belles plages de l’île (20 km), tout comme les superbes récifs coralliens qui font la fierté des habitants, se situent sur la côte nord, tout près de Grace Bay. La vie sous-marine diversifiée de la baie et la limpidité de l’eau est très populaire auprès des plongeurs. On y pratique également plusieurs autres sports nautiques, incluant la pêche en haute mer. Au sud de l’île, le visiteur découvre Chalk Sound, un immense lagon à l’eau turquoise parsemé de petits bancs de sable comme des dizaines d’îles.
Un parc marin et un Centre d’interprétation de la vie marine se trouvent également sur l’île. L’une des principales attractions consiste par ailleurs à visiter Caicos Conch Farm, un centre d’élevage de conques unique au monde. Ces mollusques à la chair succulente y sont élevés à partir du stade «d’œuf» jusqu’à l’âge adulte, c’est-à-dire quatre ans plus tard.

Les origines de Blue Hills, l’un des plus importants villages de l’île, se perdent dans la rumeur. On dit que la ville a été construite par des marins dont les bateaux s’étaient brisés contre les récifs. Les naufragés, du haut d’une colline, envoyaient des signaux lumineux aux autres bateaux qui méprenaient les appels à l’aide pour les lueurs d’un phare. Ces derniers s’échouaient à leur tour en tentant de s’approcher de l’île. Au sommet d’une colline tout près de Chalk Sound et Sapodilla Bay, on peut toujours lire, gravés dans la pierre, des messages laissés par les marins qui ont échoué sur l’île.

Grand Turk

Capitale du pays, Grand Turk, et sa principale ville Cockbum Town, abrite de nombreux édifices et ruines historiques de l’époque coloniale qui valent à eux seuls le détour. Avec plus de 3700 habitants, Grand Turk est la seconde plus importante île du pays en fait de population. Sa principale attraction est sans conteste la plongée, mais pendant la saison d’observation des baleines, il n’est pas rare non plus d’apercevoir l’un de ces gigantesques animaux venir respirer à la surface à la surface.
Cockbum Town est le centre culturel et historique du pays. On affirme que c’est sur cette île de l’archipel que Christophe Colomb s’est arrêté lors de son voyage de découverte du Nouveau Monde en 1492. Les rues Duke et Font abritent des maisons à l’architecture bermudienne de l’époque de la récolte du sel (18e et 19e siècles). Deux de ces édifices sont aujourd’hui transformés en hôtels pour les touristes alors que d’autres logent des bureaux du gouvernement, l’église, la bibliothèque municipale et des résidences privées.
C’est également à Cockbum Town que l’on retrouve le musée national Turks et Caicos. L’exposition principale relate l’histoire du « Molasses Reef Wreck », la plus ancienne épave de navire européen découverte dans l’hémisphère Ouest. On estime qu’elle date du début du 16e siècle.
Outre la plongée, l’une des attractions populaire consiste à faire une excursion sur l’île voisine inhabitée, Gibbs Cay, ou les visiteurs peuvent entre autres nourrir les raies à quelques mètres seulement de la plage.

La plongée

Les Îles Turquoises, avec son eau complètement transparente –jusqu’à 200 pieds de profondeur !- possèdent le troisième plus important récif corallien au monde, ce qui en fait une destination privilégiée des plongeurs de tout acabit. Le récif est relativement près de la plage et est donc facile d’accès. Sa flore et sa faune tropicale sont abondantes, très diversifiées et colorées. Les plongeurs peuvent aisément admirer à la fois les éponges et les coraux, les tortues marines, les aigles raies, les requins de récifs ou les requins marteaux, les crabes, les pieuvres, et les coquillages de toutes sortes sans oublier, bien sûr, la multitude de poissons de toutes les couleurs.
Un peu plus loin, les plongeurs peuvent contempler les nombreuses épaves – certaines plus anciennes que d’autres- qui se sont un jour brisées contre ces mêmes récifs. Enfin, la température tropicale en fait une activité qui peut se pratiquer à l’année, puisqu’en été l’eau se situe entre 82 et 84 fahrenheit à la surface et en hiver, entre 74 et 78 degrés. L’endroit est également réputé pour ses nombreux dauphins qui nagent fréquemment jusqu’à la plage et ses quelque 2500 baleines, qui elles préfèrent les profondeurs du Canal.

Des aires protégées

Les îles Turks et Caicos tiennent à leur archipel et le gouvernement a travaillé fort pour la protection de l’environnement.
Plusieurs îles, comme Little Water Cay et Great Sans Cay, sont classées Parc National et donc protégée. Des animaux tels l’iguane, en danger d’extinction, peuvent donc y vivre en toute tranquillité, à l’abri des humains.
Depuis 1992, le gouvernement des îles a classé 33 aires spécifiques protégées dont des réserves naturelles, des lieux de reproduction (des tortues marines, par exemple), des sites historiques et patrimoniaux, le tout totalisant plus de 520 km carrés.

Turks et Caïcos, nouvelle province canadienne ?

Le gouvernement canadien jongle depuis une trentaine d’années avec l’idée d’annexer l’archipel des Caraïbes au Canada. On proposait aux canadiens de voyager dans les îles Turks et Caicos en dépendant leurs dollars canadiens, alors que les habitants profiteraient de tous les avantages de se voir annexer à une puissance mondiale. À la fin des années 80, une étude du ministère des Affaires étrangères du Canada est toutefois venue mettre le ho-là au projet : selon les résultats, une annexion aurait pu provoquer des tensions raciales entre les deux pays et aurait été onéreuse pour le peu d’effets bénéfiques qu’elle aurait apporté au Canada. Pour le moment, l’archipel conserve donc son statut de colonie britannique.