25 mars 2004

Vélo en Gaspésie: Tour de force (suite et fin)
Photographe: © Michel Julien, ATRG
Vu du Pic de l’Aurore, le Rocher Percé ressemble à un grand vaisseau de pierre en train de mouiller au large.
Vieil habitué de la boucle formée par la 132 autour de la péninsule - c'était la quatrième fois que je la parcourais en vélo - je sais quand il faut tourner la tête pour découvrir une vue à couper le souffle. Je connais les chemins de traverse à emprunter pour arriver au point de vue, au musée, à l'attraction ou au phare qu'il ne faut manquer à aucun prix. J'ai mes adresses, mes repères, tout au long du parcours.

À Petite-Vallée, c'est la salle d'exposition du Village en chansons qui retrace l'histoire de la chanson francophone, depuis La Bolduc. On peut passer deux heures, casque d'écoute sur la tête, à redécouvrir les succès qui ont fait vibrer plusieurs générations de Québécois.
Dans le parc Forillon, j'essaie toujours de trouver à me loger à Cap-des-Rosiers, pour aller manger une bouillabaisse Chez Mona, le meilleur restaurant de l'endroit. En sortant, avec un peu de chance, le brouillard se sera levé, conférant aux lieux une ambiance magique renforcée par les meuglements de la corne de brume.

À Gaspé, où un "Comité Centre-Ville" s'efforce de réparer les erreurs du passé (depuis les années soixante-dix, une grande route à quatre voies émascule le paysage, coupant littéralement la ville de sa superbe baie), j'aime m'attarder à une des terrasses de la rue de la Reine et dîner au Brise-Bise, le restaurant-boîte-à-chansons le plus animé de l'endroit.

À chaque voyage, je fais des découvertes. Cette année, ce fut l'Anse-à-Beaufils, près de Percé. Une poignée de passionnés y a rénové les bâtiments d'une vieille usine de transformation du poisson pour en faire un centre d'art. En bas, on trouve une salle de spectacles, une boutique de produits du terroir et un des bistros-restaurants les plus fréquentés de la péninsule. L'étage a été aménagé en grande galerie d'art où une quinzaine d'artistes - peintres, sculpteurs, céramistes... - viennent passer l'été et travailler devant les visiteurs, qui se font de plus en plus nombreux à mesure que la réputation de la Vieille Usine grandit.

Photographe: © Michel Julien, ATRG
La rivière Matapédia est considérée à juste titre comme l’une des plus belles rivières à saumons de l’est du Canada.
Dans le même hameau, un extraordinaire conteur, Rémi Cloutier, fait revivre l'ancien magasin général de la compagnie Robin, ces marchands de morue de Jersey qui exploitaient des comptoirs de pêche tout autour de la Gaspésie. Étagères, marchandises, comptoirs, tout y est dans le même état qu'à la fin du XIXe siècle.

Puis, après l'Anse-à-Beaufils, on s'engage dans la Baie des Chaleurs, où les paysages sont moins spectaculaires. Si le parcours est relativement plat, le cycliste risque d'avoir à y affronter les vents dominants, qui soufflent de l'Ouest. Mais un dernier cadeau du ciel les attend avant de compléter la boucle: une journée à pédaler en longeant la Matapédia, l'une des plus belles rivières à saumons de l'Est du Canada...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.