30 mars 2004

Mes six mois de « work experience » en Australie
Récit de voyage - par Julie Turconi
G’Day, mates !
Je suis repartie au pays d’Oz (Australie) en 2002, après une traversée de cette île-continent en 2000, mais pour six mois de « work experience » cette fois-ci, autrement dit une immersion dans le milieu du travail dans le secteur du tourisme. J’ai donc effectué deux stages dans le cadre d’une formation supérieure en tourisme.

Ainsi, après beaucoup de recherches sur le Net et un échange de correspondance électronique plus poussé avec quelques entreprises susceptibles de me prendre pour quelques mois, et ce, afin de détailler plus en profondeur mes attentes et les leurs, j’ai porté mon choix sur Kimberley Wilderness Adventures, détenu à 60 % par la Fondation Aborigène Wunan de Kununurra dans les Kimberley, Western Australia, puis le Bodeidei Camp de François Giner en Terre d’Arnhem, Northern Territory. Je devais rédiger un mémoire pour mes études, le thème que j’avais choisi étant le tourisme culturel aborigène en Australie.

J’ai donc passé quatre mois chez KWA, à travers une région très sauvage et méconnue, mais dont je recommande la découverte à tous les amoureux de la nature. Neil McGilp, le directeur du marketing, également fondateur de la boîte et détenteur de 40 % des parts, m’a donné ma chance. Il m’avait concocté un programme alléchant : travail en agence à Broome au bord de l’Océan Indien pour commencer ; puis installation des camps permanents à travers la région ; participation à la formation de l’équipe 2002 ; Camp Host dans l’un des camps en terre aborigène (accueil des touristes, cuisine, fonctionnement du camp) ; travail au dépôt et dans les bureaux principaux à Kununurra ; et enfin ce qui me plaisait vraiment, à savoir guide stagiaire en tours.

Tout le monde m’a fait confiance dès le début et tout s’est très bien passé. J’ai ainsi eu l’occasion de découvrir une région étonnante, luxuriante et sauvage, tout en m’immergeant dans un monde à part, au contact de gens extrêmement différents.

J’ai quitté les Kimberley fin juin pour me rendre dans le Northern Territory, en plein milieu de la Terre d’Arnhem, pour rejoindre le Bodeidei Camp, un camp unique en son genre. Arnhem Land est un vaste territoire aborigène tout au nord de l’état, une terre aborigène pour laquelle les Blancs ont besoin de permis pour y accéder. Le camp est situé en plein milieu, à plus de 300 km de Katherine, la ville la plus proche (qui, elle, est sur la Stuart Highway, à 3 ou 4 heures de route de Darwin). Il s’agissait d’accueillir les touristes afin de leur faire découvrir cette région et leur donner un aperçu sans fioritures de la vie actuelle des aborigènes en Australie.

Le Bodeidei camp a été construit par François Giner, un baroudeur français qui s’est installé là il y a 14 ans, grâce à son amitié avec George, un Ancien de la communauté aborigène voisine de Weemol. Car le camp a toute une histoire, histoire d’une amitié qui remonte à cette rencontre entre François et George. Il a fallu du temps pour que la confiance s’installe entre ce Blanc têtu et l’Ancien, avant qu’ils ne deviennent « frères » (balang). François a bâti le camp de ses mains, avec l’accord de George, ses amis aborigènes ont fait des peintures pour le décorer… et les touristes ont maintenant un pied à terre magnifique en plein cœur du bush ! François travaille beaucoup sur le marché français, en collaboration avec son partenaire Asia, mais s’ouvre également petit à petit au marché australien. Ce qui est à mon avis une très bonne chose, les Australiens ayant vraiment besoin de redécouvrir la vie des premiers habitants de « leur » pays et de constater tous les dégâts causés par le choc culturel imposé aux Aborigènes par l’arrivée des premiers Blancs en 1770.

J’ai passé là-bas deux mois formidables. Pour vous donner une idée (probablement imparfaite) du contexte, Arnhem Land est une région très reculée, d’accès limité, au milieu du bush. Venir ici au Bodeidei, c’était vraiment toucher du doigt toute la complexité du problème aborigène en Australie. (suite du récit de voyage : demain)