24 mars 2004

Ma traversée de l'Australie (Récit de voyage)
- par Julie Turconi

Je me suis envolée de France (mon pays d’origine) vers l’Australie à la fin de l’été 2000, pour cinq semaines de vacances inoubliables. Sur un coup de tête, un coup de cœur. Je voulais voir à quoi ressemblait cette « île-continent ».

J'ai effectué la traversée du Nord au Sud, de Darwin à Adelaïde, en passant par son cœur palpitant. Je suis partie de Darwin avec les bus Greyhound Pioneer, pour 20 heures de trajet vers le Centre Rouge. Trajet ponctué d'arrêts dans des petites villes comme Tennant Creek ou des stations services isolées (parfois très, très isolées !) au bord de la Stuart Highway, la seule route goudronnée qui traverse le pays dans sa largeur. C'est impressionnant de rentrer ainsi dans le désert et de prendre enfin la mesure de ces distances énormes, presque infinies... Tout paraît plus vaste ici. Et les couleurs sont magiques. Couchers de soleil sur le désert rouge, nuages de poussière qui déforment le paysage, gommiers fantômes qui dressent leurs silhouettes pâles vers le ciel…

Le trajet en bus est une expérience particulière, pour la diversité des gens qui l’utilisent d’une part, mais aussi et surtout pour la conduite originale des chauffeurs, dûe aux kangourous (véritables fléaux dans le bush) qui les obligent constamment à freiner ou faire de brusques écarts pour ne pas les écraser… impressionnant, et de jour on peut d’ailleurs voir sur le bas-côté les corps de ces animaux gisant dans la poussière. Moralité : il est plus sûr de rouler à la lumière du soleil!

Je suis restée une semaine dans le Centre Rouge, aux alentours d'Alice Springs, la ville du désert. Avec d'autres "backpackers" de différentes nationalités (Australiens, Canadiens, Britanniques, Allemands...) et sous la houlette d'un guide local, j'ai découvert la région en camping. Ne pas oublier l'écran total (40/45° le jour) et le pull (4/5° la nuit) ! Je conseille à tous de dormir au moins une nuit à la belle étoile au milieu du bush, c'est magique : le ciel est si vaste, les milliers d'étoiles semblent à portée de bras... envoûtant ! Bien sûr j'ai vu tous les endroits touristiques "classiques", comme Ayers Rock et les Monts Olgas (2 sites sacrés aborigènes, alors respectez leurs croyances !), ou encore Kings Canyon, qui sont tous magnifiques et incroyables. Mais j'ai aussi découvert d'autres endroits peut-être moins connus mais tout aussi beaux, notamment les Western Mac Donnell Ranges, une chaîne de montagnes ocres de toute beauté qui se dresse dans le désert, ou encore Palm Valley (accessible uniquement en 4x4 ou à pieds) et ses cycas, ces palmiers uniques au monde, reste de la forêt tropicale qui recouvrait l'Australie il y a des millions d'années. Il y a eu aussi cette nuit dans une communauté aborigène.


J'adore ce désert infini, aux paysages multiples et hallucinants, surprenants et envoûtants, où le bleu intense du ciel contraste avec les couleurs de feu du minéral. C'est magique ! Là-bas, on se sent complètement, totalement, libre... (à suivre demain : en route vers Adélaïde)