La Martinique comme lieu
touristique n’a pas la cote ces jours-ci. Pour plusieurs raisons :
peu de transporteurs, cours de l’euro élevé, peu ou
pas de forfaits compétitifs comme l’offrent d’autres
destinations soleil et des infrastructures qui gagneraient à être
modernisées pour répondre aux critères de certains
visiteurs.
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| Couché de soleil à Saint-Pierre,
côté caraïbe dans le nord de la Martinique |
Pourtant, en dépit de toutes ces réserves, une fois que l’on
y est allé, on est rarement déçu et l’on veut
y retourner. Pourquoi ? « L’Île aux fleurs » n’est
pas uniquement une destination soleil, c’est beaucoup plus! C’est
une « chiure de pigeon » sur le globe, m’a dit un jour
un anthropologue martiniquais, mais avec une histoire riche en événements
et en rebondissements, une cinquantaine de musées et sites, des marchés
en plein air colorés et aux saveurs exotiques, une nature exubérante,
des panoramas à couper le souffle, des plages sauvages qui ont conservé
leur aspect naturel et dont plusieurs demeurent peu fréquentées.
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| bord de mer dans le village de Sainte-Anne à
l,exreémité sud de l'île |
Au-delà du village du Prêcheur dans le Nord Caraïbe, au
bout de la D10, la plage de l’Anse Céron présente un
intérêt particulier : sable volcanique, magnifiques cocotiers,
belles vagues et site exceptionnel pour les amateurs de plongée.
Encore plus au nord, une route en lacets de trois kilomètres qui
monte et descend en s’enfonçant dans la forêt tropicale
conduit à l’anse Couleuvre. Terminus pour les voitures! Cette
jolie plage de sable noir, à l’ombre du volcan, est le départ
d’un des plus beaux sentiers de randonnée des Antilles : Prêcheur-Grand-Rivière.
Une marche de dix-sept kilomètres en forêt tropicale, le long
de la mer des Caraïbes, où le randonneur peut accéder,
par des sentiers secondaires, à de jolies criques sauvages entaillées
à flanc de montagne. Au bout, face è la Dominique, le charmant
village de pêcheurs de Grand-Rivière, le plus authentique.
Les gens semblent y vivent hors du temps.
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Le village de Grand-Rivière à
l'extrémité nord de lîle |
La Martinique c’est aussi une trentaine de sentiers de randonnée
pédestre, bien balisés, qui sillonnent montagnes et forêt
tropicale, gravissent les caps et longent le littoral, de l’équitation
sur des kilomètres, du kayak de mer dans la mangrove, autour d’îlets
habités par de jolies iguanes ou le long de la côte, du surf,
de la planche à voile, de la plongée. Tout cela à la
condition de sortir des sentiers battus, de louer une auto et de se balader
en toute liberté (très sécuritaire, soit dit en passant),
aussi bien dans le nord que dans le sud : la diversité des paysages,
pour un petit pays de 70 km de long sur 35 km de large, étonne.
Tours Mont-Royal et l’agence de voyages Fleurs de Lys ont déjà
découvert ce potentiel en commercialisant dans le premier cas un
« circuit en liberté » (quatre jours dans le nord et
trois jours dans le sud) et dans le second, un séjour d’une
semaine de trekking où le randonneur découvre à pied
l’histoire de ce coin de terre, situé dans les Petites Antilles
françaises, qui a connu l’esclavagisme, vu naître Joséphine
et accueilli Gauguin.
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petite virée en kayak aux îlets
du Robert,
côté atlantique |
En Martinique, on trouve facilement un bon restaurant, un endroit sympathique
à visiter, quelqu’un pour nous aider, un sourire! On y parle
le français, l’eau est potable, aucun vaccin n’est nécessaire
(ce qui diminue les frais de voyage). L’Île est dotée
d’un excellent réseau d’hôpitaux reconnus à
travers les Antilles, des cliniques accessibles, des pharmacies où
l’on prend le temps de répondre à vos questions. On
s’y sent chez soi partout, sans compter que les Martiniquais ont une
façon de recevoir qui ressemble à la nôtre. Ils sont
accueillants !
Ceci n’est pas un plaidoyer favorable, mais ça correspond à
la réalité. Des Canadiens rencontrés au hasard de nos
déplacements là-bas nous ont tous affirmés qu’il
n’y avait rien à reprocher à cette destination, si ce
n’est la difficulté de s’y rendre et le coût élevé
du billet d’avion. La Martinique se gagne. Et tout est possible si
l’on y respecte le rythme local.
Les incontournables
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Plage de l'anse Couleuvre, côté
caraïbe
au nord de la Martinique |
Au nord, il y a l’ascension de la montagne Pelée (point culminant
de la Martinique à 1395 m), surnommée la Capricieuse à
cause de la brume qui nous empêche parfois de jouir pleinement des
magnifiques points de vue qu’elle offre. Battus par les vents, les
flancs de la Pelée sont bordés d’arbres tourmentés
et rabougris. Palmistes et fougères arborescentes cèdent vite
la place à une prairie d’altitude composée de violettes,
d’aralies, de fuschias et d’ananas montagne. La première
partie de l’ascension, celle qui conduit au cratère, est accessible
à tout marcheur, mais la seconde, nettement plus sportive, comporte
des passages raides et glissants par temps de pluie. Une bonne condition
physique y est de mise.
Au nombre des activités à ne pas manquer, il y a la découverte
des principales productions agricoles de l’Île: le rhum, la
canne à sucre, l’ananas, la banane et les fleurs. On peut par
exemple se rendre à Saint-Pierre, à la rhumerie Depaz, qui
offre une visite gratuite de son musée, de ses installations et enfin
une dégustation ainsi que la possibilité d’acheter du
rhum agricole. En continuant vers Morne-Rouge et Ajoupa-Bouillon, la visite
du jardin botanique Les Ombrages permet de découvrir l’écosystème
de la forêt tropicale. Passionnant ! Plus loin à Sainte-Marie,
côté atlantique, le Musée de la banane présente
l’histoire, la physiologie, la culture et le transport de ce fruit
de consommation courante.
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| La montagne Pelée (volcan) |
Plein sud, il y a bien sûr ces plages de sable blanc qui ont fait
la renommée de la Martinique et que l’on peut explorer grâce
à un sentier pédestre long de 28 kilomètres; la Trace
des Caps est également accessible à cheval. À tous
ces incontournables s’ajoutent la visite de Fort-de-France, la capitale,
de Saint-Pierre à bord du train Cyparis Express pour une tournée
historique de la cité, détruite en 1902 par l’éruption
de la montagne Pelée, les haltes dans les bons restaurants, le ti-punch
et, pour les amateurs de danse, les soirées de zouk.
Enfin, si vous vous donner la peine de côtoyer les gens, d’aller
à leur rencontre, vous aurez la chance de découvrir beaucoup
plus car les Martiniquais sont fiers de leur pays et heureux de vous en
faire découvrir les secrets. Vous n’aurez qu’une envie…
y retourner !
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