26 mars 2004

King Pacific Lodge: Villégiature grandeur nature
- par Judi Lees
Pêche, kayak, randonnée, observation quotidienne de grosses bêtes...Au King Pacific Lodge, on peut non seulement s'exiler au beau milieu de nulle part, on peut aussi décrocher en tout confort. Pas étonnant que certains considèrent l'endroit comme l'un des meilleurs centres de villégiature en milieu sauvage au monde...

"Les poissons sont capricieux aujourd'hui", fait remarquer Ronne Ludvigson, notre guide, tandis que nous taquinons tranquillement l'insaisissable saumon. Mais occupée que je suis à admirer la beauté sauvage du littoral, moucheté de mousse vert doré et de lichen argenté sur fond de forêt touffue, je ne me préoccupe pas de savoir si je vais ou non attraper des poissons.

"La présence de deux rorquals à bosse qui batifolent dans ces eaux-là perturbe la pêche," explique notre guide, fort d'une longue expérience malgré son jeune âge. Il a à peine le temps de terminer sa phrase que deux cétacés géants font surface si près du bateau que je discerne clairement les douzaines de bernacles fixées à leur dos massif. Du coup, d'énormes vagues font ballotter notre frêle esquif qui ressemble soudain à un bateau d'enfant dans une baignoire. C'est alors que je me rends compte que tout au long de ce spectacle émouvant, j'ai littéralement retenu mon souffle.

C'est grâce à mon séjour au King Pacific Lodge que je me retrouve en pleine nature à vivre ces moments magiques. Niché dans le Barnard Harbour de l'île Princess Royal, en Colombie-Britannique, ce centre de villégiature, accessible seulement par hydravion, est situé sur la frange côtière de la forêt pluviale de Great Bear, qui couvre une superficie de 3,2 millions d'hectares. Des écologistes, dont David Suzuki, en ont fait l'éloge comme étant l'une des dernières forêts pluviales encore intactes.

Au cours de mon séjour, j'ai pu admirer des dauphins exécuter des figures gracieuses dans les airs, un loup chasser un chevreuil jusque dans l'eau, un ours noir flâner sur une plage balayée par les vents, des phoques se prélasser sur un îlot rocheux et un aigle foncer sur un poisson tout près de notre bateau. Bien que je n'aie pas encore aperçu le rarissime ours de Kermode (le légendaire ours esprit), je garde l'œil ouvert car il y en a une vingtaine qui habitent l'île. Pas étonnant que Outdoor Magazine, la bible des amateurs de plein air, classe le King Pacific Lodge parmi les dix meilleurs centres de villégiature en milieu sauvage du monde.

Outre les occasions de voir des animaux sauvages et de lancer sa ligne dans des eaux riches en saumon, l'auberge de 17 chambres propose une palette d'activités, de la pêche à la mouche aux excursions en kayak et en hélicoptère - dont une à Kootz Valley, habitat du grizzli - en passant par les randonnées pédestres ou les sorties de pêche dans l'arrière-pays.
Mais il n'y a pas que l'attrait de la nature qui fait le charme de l'endroit. Ici, une équipe de 25 employés s'évertue à bichonner les hôtes. Le livre d'invités contient des témoignages élogieux et les signatures de membres de la royauté et de vedettes de cinéma, dont Kevin Costner, qui y aurait récemment attrapé un gros poisson.

Construite en cèdre d'Amérique, l'auberge au confort élégant est dotée d'immenses fenêtres qui mettent en valeur le bleu nuit de l'océan Pacifique - teinte caractéristique des eaux nordiques - et le vert intense de la forêt. Sans compter les innombrables douceurs dont peuvent se prévaloir les voyageurs, comme les mets exquis préparés par le chef québécois Alexandre Rolland, ou les massages divins à déguster en fin de journée. ( La suite du reportage : vendredi prochain)