| Pêche, kayak, randonnée,
observation quotidienne de grosses bêtes...Au King Pacific Lodge,
on peut non seulement s'exiler au beau milieu de nulle part, on peut aussi
décrocher en tout confort. Pas étonnant que certains considèrent
l'endroit comme l'un des meilleurs centres de villégiature en milieu
sauvage au monde... "Les poissons sont capricieux aujourd'hui",
fait remarquer Ronne Ludvigson, notre guide, tandis que nous taquinons
tranquillement l'insaisissable saumon. Mais occupée que je suis
à admirer la beauté sauvage du littoral, moucheté
de mousse vert doré et de lichen argenté sur fond de forêt
touffue, je ne me préoccupe pas de savoir si je vais ou non attraper
des poissons.
"La présence de deux rorquals à bosse qui batifolent
dans ces eaux-là perturbe la pêche," explique notre
guide, fort d'une longue expérience malgré son jeune âge.
Il a à peine le temps de terminer sa phrase que deux cétacés
géants font surface si près du bateau que je discerne clairement
les douzaines de bernacles fixées à leur dos massif. Du
coup, d'énormes vagues font ballotter notre frêle esquif
qui ressemble soudain à un bateau d'enfant dans une baignoire.
C'est alors que je me rends compte que tout au long de ce spectacle émouvant,
j'ai littéralement retenu mon souffle.
C'est grâce à mon séjour au King Pacific Lodge que
je me retrouve en pleine nature à vivre ces moments magiques. Niché
dans le Barnard Harbour de l'île Princess Royal, en Colombie-Britannique,
ce centre de villégiature, accessible seulement par hydravion,
est situé sur la frange côtière de la forêt
pluviale de Great Bear, qui couvre une superficie de 3,2 millions d'hectares.
Des écologistes, dont David Suzuki, en ont fait l'éloge
comme étant l'une des dernières forêts pluviales encore
intactes.
Au cours de mon séjour, j'ai pu admirer des dauphins exécuter
des figures gracieuses dans les airs, un loup chasser un chevreuil jusque
dans l'eau, un ours noir flâner sur une plage balayée par
les vents, des phoques se prélasser sur un îlot rocheux et
un aigle foncer sur un poisson tout près de notre bateau. Bien
que je n'aie pas encore aperçu le rarissime ours de Kermode (le
légendaire ours esprit), je garde l'œil ouvert car il y en
a une vingtaine qui habitent l'île. Pas étonnant que Outdoor
Magazine, la bible des amateurs de plein air, classe le King Pacific Lodge
parmi les dix meilleurs centres de villégiature en milieu sauvage
du monde.
Outre les occasions de voir des animaux sauvages et de lancer sa ligne
dans des eaux riches en saumon, l'auberge de 17 chambres propose une palette
d'activités, de la pêche à la mouche aux excursions
en kayak et en hélicoptère - dont une à Kootz Valley,
habitat du grizzli - en passant par les randonnées pédestres
ou les sorties de pêche dans l'arrière-pays.
Mais il n'y a pas que l'attrait de la nature qui fait le charme de l'endroit.
Ici, une équipe de 25 employés s'évertue à
bichonner les hôtes. Le livre d'invités contient des témoignages
élogieux et les signatures de membres de la royauté et de
vedettes de cinéma, dont Kevin Costner, qui y aurait récemment
attrapé un gros poisson.
Construite en cèdre d'Amérique, l'auberge au confort élégant
est dotée d'immenses fenêtres qui mettent en valeur le bleu
nuit de l'océan Pacifique - teinte caractéristique des eaux
nordiques - et le vert intense de la forêt. Sans compter les innombrables
douceurs dont peuvent se prévaloir les voyageurs, comme les mets
exquis préparés par le chef québécois Alexandre
Rolland, ou les massages divins à déguster en fin de journée.
( La suite du reportage : vendredi prochain)
|