16 juillet 2004

Les Iles de la Madeleine, un parfum d’exotisme
-par Lise Giguère

Infini bleuté dans lequel se marient le ciel et le fleuve, falaises de grès rouge sang ancrées sur le sable blanc des plages et vertes collines sur lesquelles sont disséminées, de façon totalement anarchique, de jolies petites maisons aux couleurs de l’arc-en-ciel, voici les Iles de la Madeleine et parfum d’exotisme.

Ce dernier n’est certes pas étranger au fait que les Iles ont longtemps vécu en vase clos, les naufrages et le commerce maritime constituant le seul échange des Madelinots avec le reste du monde. Peuple de la mer, provenant d’Acadie, d’Irlande ou descendants de naufragés, ils ont su tirer parti de cet environnement tout à la fois austère et généreux.

C’est par la pêche qu’ils ont survécu. Encore aujourd’hui, elle demeure la première activité économique de l’île, avant le tourisme. Pour le visiteur, la pêche est un sujet de curiosité, un motif d’excursion, une excuse pour se promener sur les quais à l’arrivée des bateaux ou, mieux encore, l’occasion de se lécher les babines des délices marins offerts au menu des bonnes tables, mais pour le Madelinot c’est sa vie. Encore aujourd’hui, 70 % du homard pêché dans la province vient des Iles.

Croissant d’îles
Posé tel un croissant au cœur du Golfe Saint-Laurent, à 215 Km de la péninsule gaspésienne, à 105 Km de l’Ile-du-Prince-Edouard et à 95 Km de l’Ile du Cap-Breton, l’archipel comprend une douzaine d’îles dont six (Grande Entrée, le plus gros port de pêche et le plus gros producteur de homard; Grosse Île, Havre-aux-Maisons; Cap-aux-Meules, Étang-du-Nord et Havre-Aubert, la baie de plaisance) reliées entre elles par un cordon dunaire et une route principale d’une centaine de kilomètres.

Deux autres îles de superficie importante, l’Ile d’Entrée et l’Ile Brion viennent s’y greffer. La première dont le paysage rappelle l’Ecosse où l’Irlande, avec ses collines chauves et ses sentiers, ne compte qu’une quarantaine de maisons habitées par 13 familles (130 personnes en été et100 en hiver).

La visiter (de nombreuses excursions permettent de s’y rendre) et découvrir la vie de ce petit groupe d’insulaires isolés qui vivent à 99% de la pêche, c’est comme faire un bond dans le passé des Madelinots.

La seconde, L’Ile Brion, habitée durant un siècle par quelques familles et maintenant déserte, sert de réserve écologique et, de par sa grande diversité, se veut le témoignage de l’état primitif des Iles et un haut lieu de l’ornithologie (on peut y observer environ 200 espèces d’oiseaux).

Difficilement accessible, il faut compter sur la bonne volonté de Dame Nature pour profiter des excursions offertes.

D’autres petites îles et îlots complètement le tableau : le Rocher aux oiseaux, l’Ile aux loups-marins, l’Ile aux cochons, le Rocher du corps mort et quelques autres.

Un doux climat
Soumis aux assauts constant du vent et de la mer, les Iles de la Madeleine voient leur littoral se modifier sans cesse. Au pied des formes inusitées (tours, cavernes, grottes, marmite, piliers, corbeilles, éléphants, entonnoirs) des falaises, quelque 300 kilomètres de plages, Invitantes à souhait. En fin de saison, quand la horde de touristes s’est envolée, le promeneur solitaire a une impression de bout du monde.

Les Iles en septembre, avec la lumière qui enveloppe le paysage d’une belle couleur fauve, c’est un avant-goût du paradis. La température douce et ensoleillée de l’été s’y prolonge jusqu’à la fin septembre tandis que la température de l’eau, dans les lagunes et les baies, varie entre 17C et 21C. On dit que c’est l’eau la plus chaude au nord de la Caroline. Le fait que l’archipel soit situé sur de hauts fonds contribue à la réchauffer.

Dangereuses et fragiles !
Mais attention, si les Iles de la Madeleine affichent un visage de belles séductrices, à l’image de ces dernières, elle peuvent parfois dissimuler des pièges. Les Madelinots le savent et se montrent prudents et respectueux envers la nature.

Il est donc fortement recommandé à tous les touristes qui arrivent aux îles de la Madeleine, mais encore plus particulièrement à ceux qui s’y rendent en automne, d’arrêter au bureau d’information afin de connaître les dangers reliés aux courants marins et aux falaises friables et d’apprendre les précautions pour préserver les dunes fragiles si essentielles au maintien de l’équilibre écologique et de la beauté de l’archipel. On peut également s’informer avant le départ www.tourismeilesdelamadeleine.com.
Tel : 1877-624-4437 ou 418-986-2245