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11 juin 2004
| Toronto la jazzée | ||||||||
| par Toby Saltzman (Go Média) | ||||||||
De Diana Krall à
Ray Charles en passant par Wynton Marsalis, les plus grands noms du jazz
ont adopté Toronto depuis belle lurette. Tour de piste.
Et lorsque l'étoile de ces antres sacrés commence à pâlir, les amateurs de jazz se grisent des folles nuits du George's Spaghetti House, où improvisent notamment Moe Koffman et ses Swinging Shepherd Blues. Quelques années plus tard, ils dîneront dans la Salle Imperial du Fairmont Royal York, se laissant bercer par les voix veloutées de Peggy Lee et d'Ella Fitzgerald ainsi que par les notes du pianiste Oscar Peterson. Au fil du temps, Count Basie, Duke Ellington, Roy Eldridge et Coleman Hawkins ont également fait le bonheur des férus du genre. Comme toutes les villes célèbres pour leur amour de la musique, Toronto a su cultiver ses propres stars : le flûtiste Moe Koffman, le vibraphoniste Peter Appleyard, le flugelhorniste Guido Basso, le compositeur Phil Nimmons, le guitariste Ed Bickert, le multiinstrumentaliste Don Thompson et Jim Galloway lui-même. Bien que le jazz, ici, soit plutôt mainstream - style parfaitement incarné par le Rob McConnell's Boss Brass Band - le traditionaliste Climax Jazz charme les foules depuis 32 ans. Tandis que cette ville dynamique sur le plan culturel attire les meilleurs jazzmen du monde, le cœur du centre-ville se transforme en bouillon de culture, donnant naissance à des musiciens de jazz au style éclectique. Le multiculturalisme de la ville se reflète dans leur musique où l'influence canadienne, américaine, européenne et africaine se fait sentir, mariant du coup tous les genres, du blues au jazz traditionnel en passant par le swing, le be-bop et le jazz klezmer. De la nouvelle couvée sont nés notamment la saxophoniste soprano Jane Bunnett, reconnue pour sa musique unique, hybride de jazz et de rythmes afro-cubains, et le guitariste Kevin Breit, qui fait valser avec bonheur le jazz avec les sons particuliers du country. Par ailleurs, des programmes de musique éducationnelle ont vu le jour et leurs diplômés sont devenus depuis des musiciens, compositeurs et techniciens sans qui les industries alors naissantes du film, de la radio et de la publicité n'auraient pas pu subsister. Aujourd'hui, Toronto est un arrêt incontournable sur la liste des tournées mondiales des groupes de jazz les plus renommés. La ville est maintenant si intrinsèquement liée à la scène planétaire du jazz qu'elle a récemment attiré quelque 7 000 membres au congrès de l'Association internationale pour l'éducation au jazz, le premier à se tenir à l'extérieur des États-Unis en 30 ans. À n'en pas douter, les participants se sont imprégnés de l'atmosphère des clubs locaux où le jazz et ses étoiles sont à l'honneur. Récemment, les nombreux spectacles présentés dans les clubs et autres salles de concert ont aussi fait l'objet d'un sondage international mené en ligne par ejazznews.com. Selon le rédacteur en chef de ce site torontois, Bill King (également directeur du National Jazz Awards), Toronto se classe au deuxième rang dans la catégorie " la vie nocturne la plus emballante du globe " (en terme de jazz, s'entend), derrière New York et devant La Nouvelle-Orléans (troisième place) et Paris (quatrième). Place à la fête ! Entre mai et septembre, la ville bat littéralement au rythme du jazz avec au programme sa ribambelle de festivals. Le du Maurier Downtown Jazz Festival (du 20 au 29 juin) célèbre cette année sa 17e édition. On estime que les 1 500 artistes des quatre coins du monde attendus à l'événement attireront une foule de quelque 700 000 amateurs. Parmi les stars du genre inscrites sur la liste établie par Galloway, directeur artistique de l'édition 2003, le célèbre Ray Charles et son big band prendront le Centre Hummingbird d'assaut.
Et si vous ratez la saison des festivals, pas de panique ! Toute l'année durant, trois clubs présentent les plus grandes vedettes du jazz ; d'ailleurs, il n'est pas étonnant d'y surprendre Wynton Marsalis et autres grands noms en train d'improviser. Dîner au rez-de-chaussée du Torch Bistro (également connu sous le nom de Senator Steakhouse) vous assurera une place, en haut, au Top O' the Senator. Endroit par excellence de Toronto pour le jazz contemporain, cet espace intime évoque les clubs de blues des années 1930 et 1940 et inscrit à son programme tout le gratin, de Diana Krall au septet de Terence Blanchard. Il est possible que vous vous retrouviez installé aux côtés d'une vedette de l'âge d'or du jazz en visite dans la ville ou d'une star du grand écran en tournage dans celle que l'on surnomme la " Hollywood du Nord ". De son côté, The Montreal Bistro - qui, malgré son nom, est plus versé dans le jazz que dans la cuisine - propose régulièrement à son programme certains des pianistes de jazz les plus célèbres de la planète. Les clients se rappellent encore avec émotion des performances passées d'Oscar Peterson et de George Shearing. Le chic restaurant accueille régulièrement Kenny Barron, Jay McShann, Junior Mance et Joanne Brackeen, ainsi que des talents locaux comme les saxophonistes Phil Dwyer, Roy Styffe et Perry White, le trompettiste Kevin Turcotte et le guitariste Reg Schwager.
Les grands du jazz jouent à la place Nathan Phillips pendant le festival de jazz de Toronto. De plus, chaque soir, des musiciens improvisent dans divers endroits
de la ville. Hooch - salon étrange avec plancher de danse reconnu
pour son style avant-gardiste - consacre ses jeudis soirs au swing, avec
des numéros de big band, de jazz et de blues. AlleyCatz Live Jazz
Bar est l'endroit tout indiqué pour écouter du jazz velouté
tout en dégustant un martini ou un repas.
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