26 avril 2004

Cent pour cent vacances et voyages d’affaires
Québec et Cuba : dos amigos!
Par Lucette Bernier
Les Québécois et les Cubains ont bien des affinités en commun, à commencer par leur langue issue de même souche latine. L’un possède des plages, l’autre les adore…l’un a des besoins et l’autre, des surplus et une bonne expertise.

Le tourisme, les affaires et des amitiés entre dirigeants constituent les principaux éléments de la filière québécoise très présente à Cuba.

Pour plusieurs Québécois, au fil des ans, les voyages d’agréments se sont transformés en voyages d’affaires. En constatant les lacunes dans divers services, les entrepreneurs Québécois ont offert leur expertise et principalement dans les domaines de l’agroalimentaire et de la construction. L’hôtel El Senador, auquel le joueur de hockey Serge Savard est associé, est l’exemple emblème de la présence des Québécois à Cuba. Pendant votre séjour dans la Gran Isla, peut-être vous servira-t-on du jambon apprêté par l’entreprise Cuisine Gaspésienne de Matane ou des yogourts de chez Natrel, deux exemples des produits agroalimentaire exporté dans l’Île.
Côté construction, la vitrine commerciale du Ministère de l’industrie et du commerce, à la Havane, permet à une dizaine d’entrepreneurs en construction d’offrir des matériaux comme des fenêtres, des portes, des accessoires de salle de bain… bref, tout ce qui est nécessaire pour construire et aménager les futurs hôtels cubains.

Les wa-wa québécoises

Vous avez probablement vu, ou entendu parler des autobus québécois qui se faufilent dans les rues étroites des villes de la Havane, de Matanza et de plusieurs autres. Leur présence est du à Daniel Côté, propriétaire du magasin Elvis Ameublement, un commerce où l’on vend des meubles et des appareils électroménagers usagés. C’est en constatant le criant problème de transport que connaît le pays, que Daniel Côté achetait, en 1995, 25 autobus mis au rancart par les villes de Montréal, Hull, Longueuil et Ottawa, et les revendait à Cuba. Pourquoi ne pas monter dans l’un d’eux (il en coûte que quelques pesos) et découvrir la ville par les rues pittoresques qu’ils sillonnent. Ils affichent encore leur ligne de trajet initiale comme celle de la rue Sherbrooke, à la Havane ainsi que les mêmes publicités qu’autrefois, comme celle du 911! Les autobus jaunes pour écoliers sont maintenant très en demande et là aussi, Daniel Côté répond à la demande.

Les bénévoles

L’aide bénévole fait aussi partie des échanges entre les deux peuples. Ainsi, en 1991, naissait le groupe Brigade Québec-Cuba. Par le biais de cet organisme, des centaines de jeunes participent bénévolement chaque année, pendant trois semaines à des travaux agricoles où ils côtoient des étudiants Cubains, eux aussi bénévoles.

Échange de monuments

En novembre 1999, une statue de bronze représentant Pierre Le Moyne d’Iberville, héros militaire de la Nouvelle-France, était offerte au Bureau de l’Historien de la Havane. La statue s’élève sur la Place du Québec dans la vieille Havane, ville où d’Iberville est mort en 1706. En échange, Québec a reçu un buste en bronze de José Marti, écrivain, journaliste et héros de la révolution cubaine. Il veille sur les lecteurs de la grande salle de la bibliothèque Gabrielle-Roy, à Québec.

Cette présence québécoise ne serait peut-être pas aussi importante, s’il n’y avait, à la base, une sincère amitié et une franche communication entre les deux peuples amis.