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07 septembre 2004
| Quand les designers définissent les contours d'une hôtellerie de rêve | ||||||
| (AFP) Par Dominique Ageorges | ||||||
Un hôtel à
taille "humaine", un design unique et qui s'intègre à
la ville, sont globalement les contours de
"Avant, dans tous les hôtels du monde, vous aviez les mêmes
chambres d'hôtel, impersonnelles. On n'avait pas de surprise, la
salle de bain à gauche et le porte-bagages à droite",
explique Pierre-Yves Rochon, spécialiste international de la décoration
d'hôtels de luxe.
Tout a commencé dans les années 80 avec Andrée Putman et Philippe Starck qui ont brisé "le style international" avec des établissements au design innovant et ludique, à New York notamment. "Ils ont créé un nouveau rêve hôtelier, attirant des clients à la recherche d'un séjour expérimental", explique India Mahdavi, architecte d'intérieur qui oeuvre dans l'hôtellerie de Mexico à Miami. Hôtel-maison ou maison-hôtel Cette tentation se retrouve encore aujourd'hui au "Hi" à Nice, où le designer Matali Crasset parle elle-même d'expérience à vivre dans cet hôtel ouvert en 2003 qui propose "neuf façons de vivre un espace".
Jérôme Foucaud, directeur général du Murano dans le 3e arrondissement, dernière adresse en vue à Paris, affirme s'adresser à "un client de (sa) génération (ndlr: âgée d'une quarantaine d'années), sensible au design, à la haute technologie et finalement à la recherche d'une atmosphère plus conviviale, moins formelle, comme s'il venait emménager à Paris". Etre comme chez soi, c'est l'autre voie héritée celle-là du Mercer, hôtel new-yorkais réalisé à la fin des années 90 par Christian Liaigre, "et qui est au contraire une sublimation de la maison", ajoute India Mahdavi. De l'extérieur, rien n'indique qu'il s'agit d'un hôtel. A l'intérieur, on se retrouve dans un salon bibliothèque au design pur. Hôtel-maison ou maison-hôtel : les deux secteurs tendent à gommer leurs frontières, tant et si bien que certains établissements ne comportent que 10 suites comme la Villa Didon à Carthage, conçue par l'architecte Philippe Boisselier. Le plus exclusif est un hôtel de trois chambres, ou plutôt de trois appartements que Azzedine Alaïa va bientôt proposer dans un immeuble très parisien, jouxtant sa maison de couture, dont il assure la décoration jusqu'au mobilier. Les futurs clients auront ainsi l'impression (seulement) d'être reçus chez le couturier. |